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G20 : bilan nul, perspectives sombres


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Milliere Guy - mardi 07 avril 2009

interventionisme, obama, europe
Comme c’était très prévisible, le G20 de Londres a débouché sur des photographies, des mots, du dirigisme, et rien qui puisse libérer les forces économiques nécessaires au retour à la croissance.

On pourrait dire que le pire a été évité. Les idées de relance par la demande prônées par Obama n’ont pas été reprises par les pays européens. Et les idées de bureaucratie financière planétaire émises par Nicolas Sarkozy ne l’ont pas été davantage. Les pays européens peuvent, certes, difficilement s’endetter de façon directe plus qu’ils ne le font déjà. Obama, de son côté, n’aurait pu donner d’emblée les clés de l’économie américaine à une gouvernance mondiale sans se voir aussitôt accuser de haute trahison à Washington.

Le FMI recevra néanmoins des milliards à distribuer à tous vents.
Une administration mondiale chargée de corseter l’innovation financière verra le jour. Les paradis fiscaux et les hedge funds sont placés en position de victimes sacrificielles dans l’espoir (vain) que cela permettra des rentrées fiscales supplémentaires en Europe.

Quand le diagnostic est faux, le remède a toutes les chances d’être mauvais. Le mal dont souffre la planète est né d’interventions politiques (obligations faites aux banques américaines d’accorder des prêts subprimes) et du laxisme du Fed, pas de la concurrence fiscale ou de l’innovation financière. Y répondre par davantage d’interventions politiques, davantage de laxisme monétaire sera plus inefficace encore que le célèbre emplâtre sur une jambe de bois.
Cela peut même se révéler très dangereux. Lorsque le remède est mauvais, tout dépend du dosage. Une faible quantité intoxique, une forte quantité peut être bien plus délétère.

Les pays d’Europe continueront à avoir une croissance négative
, un chômage élevé, et un niveau de vie stagnant. Les États-Unis ne se porteront pas mieux. Les seuls emplois qui devraient voir le jour outre-Atlantique cette année seront des emplois subventionnés, coûteux pour le contribuable. La Chine observe : Obama est un dangereux irresponsable aux yeux des dignitaires de Pékin et, s’il conduit les États-Unis à la banqueroute, si personne à Washington ne l’arrête, la Chine devra revoir sa stratégie, trouver d’autres débouchés, envisager de se défaire des dollars qu’elle a amassés.

Le monde, en ce cas, prendra un tournant bien différent de celui que souhaitaient les Européens lorsqu’ils exprimaient leur désir de voir Obama accéder à la Maison blanche. Ils voulaient un Président plus à gauche que George Bush ; ils l’ont eu, bien au-delà de leurs espérances. Ils pouvaient compter sur un dynamisme américain auquel ils pouvaient opposer, par contraste, leur modèle social-démocrate, plus raffiné et plus « humain », disaient-ils ; ils ont, à la Maison blanche, un Président qui dilapide les deniers publics à un rythme qui les surprend. Ils trouvaient Bush peu sensible au thème de l’environnement ; ils ont à la Maison blanche un disciple d’Al Gore qui promet d’aller plus loin qu’ils ne l’auraient imaginé dans le fondamentalisme écologiste. Ils voulaient un monde plus « multipolaire » ; ils risquent d’avoir un monde où l’Amérique affaiblie laissera la place à la Chine et, derrière elle, à la Russie et à l’Iran. Ils aimaient traiter Bush de brute militariste ; ils ont un Président américain plus défaitiste qu’eux, et plus partisan de l’apaisement avec les régimes autoritaires qu’ils ne l’ont jamais été.

Cela pourrait prêter à sourire si ce n’était inquiétant. Il y a eu, à Londres, pendant le G20, des manifestants anticapitalistes. Ce que ces gens ne voient pas est que le capitalisme n’est pour rien dans la crise présente et que ceux qui ont détraqué le capitalisme ont été des politiciens comme ceux contre qui ils manifestaient.

Ce qu’ils ne voient pas est que des politiciens tels qu’Obama sont aussi anticapitalistes qu’eux, et pourraient détruire le capitalisme plus efficacement qu’eux. Ce qu’ils ne voient pas est que des hommes tels que Sarkozy sont presque aussi anticapitalistes qu’eux, et que les mesures prises à Londres sont elles-mêmes anticapitalistes. Ce qu’ils ne voient pas, surtout, est que le monde à même de se profiler en ces conditions pourrait être dirigé par des gens alliant le dirigisme économique à la dictature politique, et, dès lors, créer bien moins de richesses et autoriser bien moins de manifestations …

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En bref
Protectionnisme
Les pays du G20 ont déjà pris 66 mesures protectionnistes diverses depuis le début de la crise, comme l’arrêt des importations chinoises, ou les aides au secteur automobile…

Chiffres significatifs
Transmission > En moyenne, en Ile-de-France, une personne désireuse de racheter une entreprise doit rencontrer 6 vendeurs avant de trouver l’entreprise qu’elle rachètera…

Évangélistes > La Chine, qui compte aujourd’hui quelque 100 millions d’évangélistes, est en passe de devenir le premier pays protestant.

Commerce > L’Organisation mondiale du commerce prévoit que le commerce mondial reculera de 9 % en 2009, après une hausse de 2 % en 2008.

Pilule > 33 % des jeunes femmes de 15 à 24 ans résidant en France disent avoir déjà eu recours à la « pilule du lendemain ».

Emploi > 350 000 emplois devraient disparaître en France en 2009.

Dati > Rachida Dati, qui devrait être n° 2 sur la liste de l’UMP aux européennes de juin prochain, figurait en 54e position sur la liste socialiste conduite par Michel Rocard en 1994 !

Sommeil > Les adolescents français dorment en moyenne 7 h 45 par nuit ; leurs aînés dormaient, quant à eux, 10 heures par nuit en 1975.

Primes > Entre septembre 2007 et juillet 2008, les primes distribuées dans les cabinets ministériels (les fonds secrets ont disparu, mais pas les primes !) ont augmenté de 5 millions d’euros, ce qui représente une hausse de 20 % !




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