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La France s’enlise dans la crise et la grève |
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Milliere Guy - mardi 31 mars 2009
Depuis deux mois, la plupart des universités françaises sont bloquées. Les cours n’ont pas lieu et sont remplacés par des activités « alternatives », ou par rien du tout.
Le motif est, toujours, la pusillanime réforme du secteur proposée par le gouvernement. Mais faut-il un motif ? Dans l’université française, les grèves longues sont des rituels qui reviennent de manière récurrente. Ce n’est pas très grave : les étudiants ne produisent rien, la plupart des enseignants non plus. Cela gaspille l’argent des contribuables, mais cet argent est déjà tellement gaspillé, et de tant de façons : les campagnes télévisées sur le dérèglement climatique, par exemple, car aujourd’hui, puisqu’il semble avéré que le réchauffement dont on a pourtant si longtemps parlé n’aura pas lieu, on change de vocabulaire. Dérèglement est un mot assez vague pour tout couvrir, la pluie et le beau temps, la chaleur et le froid, les cyclones et les tempêtes, la neige et le plein soleil. Qu’importe, de fait, puisque sur tous les autres plans, nous sommes, en ce pays, dans une ère médiocre et crépusculaire.
Le monde, dont (faut-il le dire ?) la France fait partie, est dans une phase de récession qui prendra fin, comme toutes les phases de récessions, quand les causes qui y ont conduit seront traitées. Ces causes sont hors de portée du gouvernement français. Elles sont à la portée du gouvernement américain, mais celui-ci va de décision inepte en décision inepte, de dépenses immenses en mesures inflationnistes. Elles ne seront pas prises en compte lors du G 20 bientôt organisé à Londres où on entonnera le grand air du protectionnisme fiscal en déclarant la guerre à la Suisse ou au Liechtenstein, comme le Don Quichote de Cervantes chargeait les moulins à vent. Le gouvernement français prétend, néanmoins, « faire » quelque chose.
Il pourrait, direz-vous, proposer de baisser nettement les impôts, et les charges de façon à faciliter la création de richesse, envisager aussi de déréglementer et de diminuer drastiquement les dépenses publiques. Il lui serait difficile d’aller très loin dans ces directions, puisque l’essentiel se décide désormais à l’échelle de l’Europe, mais il pourrait au moins en parler. Au lieu de cela, les propos tenus, comme les mesures prises, ont une teneur social-démocrate très nette, et il faut avoir la cécité idéologique d’un socialiste français pour ne pas le voir.
Les débats du jour tournent donc autour du « partage du profit » au nom de la « justice sociale », de « soutiens » à ceci ou à cela, d’« aides sociales » à telle ou telle catégorie, de « protections », et que sais-je encore.
Lorsqu’il est question d’investissements, il faut traduire « dépenses publiques supplémentaires », et surtout pas « liberté d’entreprendre ». Sarkozy vient de dégainer sa dernière trouvaille : des commissaires à la « réindustrialisation ». Le commissariat au Plan va-il renaître ? Parfois, un économiste digne de ce nom est invité à la télévision, mais c’est assez rare. Il tient alors des propos sensés que nul n’écoute, et, très vite, les phrases vides tournoient à nouveau et débouchent sur des discussions aussi vaines que celles sur le sexe des anges ou la sodomie chez les mouches.
J’ai parfois envie de suggérer aux politiques de parler comme le ferait un économiste digne de ce nom. La France a, après tout, été le pays de Turgot, de Jean-Baptiste Say et de Bastiat, avant d’être celui d’Olivier Besancenot. Mais j’ai renoncé depuis longtemps à attendre quoi que ce soit du personnel politique. Je sais que, pour être élus, les politiciens français doivent parler le même langage que les délégués syndicaux. Le pays continuera donc à s’enliser. Mais je ne suis pas inquiet : il y aura encore de belles manifestations et de superbes grèves. Avec un peu de chance, je pourrai faire un ou deux cours avant l’été. Les trois quarts des Français approuvent les gens qui pensent que défiler sous des banderoles sert à « lutter contre la crise ». Ces mêmes Français estiment que le gouvernement peut prendre de l’argent quelque part, en Suisse ou au Liechtenstein sans doute, et le distribuer comme une manne céleste. C’est tout ce qui reste du christianisme dans un pays qui a perdu son âme chrétienne : l’idée qu’une manne peut tomber du ciel.
Je devrais trouver tout cela profondément affligeant. Je préfère observer, comme on assiste à un spectacle dérisoire. Le journal de vingt heures me semble plus regardable quand je coupe le son, et que je le remplace par une musique de fond. Un Requiem ?
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Tolérance
«Il y a en France une tolérance collective au déficit…»
Jean de Kervasdoué, professeur d’économie des services de santé
SIC
Réalisme «Le modèle économique de Besancenot est un modèle dont on sait qu’il ne marche pas.»
Claude Bartolone, député PS
Manichéen «Aux yeux de certains journalistes, quand on est catholique, on est soit tradi, donc révisionniste ; soit progressiste, dont prêt à manifester pour les clandestins !»
Jean-Baptiste Doat, sec. général adjoint du diocèse de Luçon
Immigration «On ne peut pas régler un problème qu’on n’accepte pas de regarder !»
Jean-François Kahn, journaliste
Sarkozy «Nicolas Sarkozy n’est ni Napoléon Bonaparte, ni Jules César, car voilà au moins deux hommes qui avaient du génie et ont bâti un empire.»
Arnaud Montebourg, député PS
Clivage «On ne peut pas être ministre avec la droite et zyeuter la gauche.»
Jean-Claude Gaudin,
sénateur-maire UMP de Marseille
Foot «Quand certains montants sont atteints, pour moi, c’est immoral. Un être humain ne peut pas valoir tant d’argent.»
Theo Zwanziger, président de la Fédération allemande de football
Dénonciation «La dénonciation est un devoir républicain.»
Frédéric Lefebvre, député UMP, défendant le texte d’Éric Besson sur l’immigration
Bouclier fiscal «Nicolas Sarkozy préfère que les plus riches ne payent que 50 % de leurs revenus en France plutôt que de payer tous leurs impôts à l’étranger !»
Claude Guéant,
secrétaire général de l’Élysée |
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