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La mise en place de l’administration Obama |
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Milliere Guy - mercredi 14 janvier 2009
obama
De semaine en semaine, les contours de l’administration Obama qui va arriver au pouvoir le 20 janvier prochain se sont mis en place. En voyant ceux qui vont la composer, on peut aisément deviner ce que seront les politiques mises en œuvre.
Économiquement, on trouve des gens qui, en superficie, auront de quoi rassurer les marchés financiers et les investisseurs, ainsi Larry Summers, Timothy Geithner ou Paul Volcker. Si l’on regarde d’un peu plus près, on ne peut manquer de voir des orientations keynésiennes et l’ombre du New Deal de Franklin Roosevelt. Les adorateurs de Keynes et de Roosevelt auront de quoi être satisfaits. Les autres rappelleront que le keynesisme est mort une première fois dans les années 1970, dans un contexte de stagflation et d’essoufflement qui avait alors laissé penser à certains que la mort serait définitive.
Ils souligneront aussi que, si le New Deal a engagé les États-Unis dans une ornière social-démocrate, il n’a en aucune façon mis fin à la crise, mais l’a au contraire prolongée jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale.
Les théories économiques ineptes semblent toujours renaître de leurs cendres pour peu qu’elles donnent à des hommes politiques l’illusion qu’il leur est possible de piloter l’économie d’un pays depuis un bureau ministériel. Et il semble aussi que les falsifications de l’histoire soient toujours à même de l’emporter sur le travail scrupuleux des historiens pour peu que ces falsifications tracent les contours d’un homme providentiel. Roosevelt, diront certains, a « sauvé » l’Amérique de la grande dépression ; les mêmes disent déjà qu’Obama pourrait bien être le nouveau « sauveur ».
Impôts, réglementations, déficits budgétaires, grands travaux, emplois publics improductifs vont se multiplier. Les gains de productivité seront nuls ou presque. Le nombre des pauvres va s’accroître, mais ceux-ci seront assistés et ne paieront pas d’impôts. En parallèle, Tom Daschle va mettre en place un système d’assurance santé qui placera les États-Unis sur le chemin de la socialisation du secteur de l’assurance-maladie.
L’équipe d’écologistes, inspirés par Gore, qui s’apprête à frapper (Steven Chu, Carol Browner, Nancy Sutley) imposera des restrictions et surcoûts divers censés être « bons pour l’environnement ». La quasi-nationalisation du secteur automobile qui vient d’avoir lieu parachèvera le tableau.
Les États-Unis vont probablement s’engluer dans divers traités internationaux conçus du côté de l’ONU, ce qui leur permettra de s’engager sur la pente d’un déclin à l’européenne.
Les conséquences ne concerneront pas les seuls États-Unis, mais la planète entière. Quand la locomotive s’essouffle et se brise, les wagons ne peuvent continuer à avancer.
Pour ce qui concerne la politique étrangère, force est de dire que les perspectives ne sont pas plus encourageantes, au contraire. Au mieux, ce qui s’annonce est un troisième mandat de Bill Clinton ; au pire, cela pourrait être un second mandat de Jimmy Carter. Du temps de Carter, vient Zbigniew Brzezinski, l’homme à qui on doit l’arrivée au pouvoir de Khomeyni en Iran et la plus grande avancée soviétique sur la surface de la planète après celle effectuée entre 1945 et 1950. Du temps de Clinton viennent presque tous les autres, à commencer par Hillary. On trouve aussi des adeptes de la realpolitik façon Bush père, ainsi Robert Gates, maintenu au ministère de la Défense ou Brent Scowcroft.
Les Européens, majoritairement adeptes du cynisme et de la faiblesse, devraient avoir de quoi se réjouir. Les islamistes devraient être contents. L’Iran devrait accroître sa mainmise sur le Proche-Orient et se nucléariser. L’Ukraine, la Pologne et les pays baltes vont trembler et, vraisemblablement, sentir peser davantage le poids de Moscou. Israël et, plus largement, les amis de la liberté et de la dignité de l’être humain vont se sentir seuls face à l’orage de l’arbitraire, de la violence et de l’autocratie.
Si aucun attentat majeur ne survient, ce sera presque un miracle et, je le dis une fois de plus, je ne crois guère aux miracles. L’espoir sera que ça s’arrête au bout de quatre ans. Le risque sera que ça dure plus longtemps, et les conséquences seront potentiellement plus lourdes, bien plus lourdes qu’en matière économique.
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