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Les États-Unis face à Obama |
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Milliere Guy - mardi 06 octobre 2009
obama
Je viens de passer quelques semaines aux États-Unis. Ce n’était pas mon premier séjour après la « crise » dont on parle tant en Europe, ni après l’arrivée à la présidence de Barack Hussein Obama. C’était plutôt mon premier séjour dans une ère où l’effet Obama commence à vraiment se faire sentir.
Je n’ai fait que passer dans les métropoles du Nord-Est et j’ai parcouru des endroits trop souvent délaissés par les journalistes, dans le Sud, le Midwest, l’Ouest. Je me suis rendu à New Orleans, au Texas où j’ai pu rencontrer des gens que je voulais rencontrer depuis longtemps, parmi lesquels un lecteur dont j’apprécie les commentaires. J’ai traversé San Francisco et la Silicon Valley. J’ai, par goût personnel, passé davantage de temps à Las Vegas et à Los Angeles, qui reste la ville que j’aime le plus sur la surface de la terre.
Ce qui m’a frappé, une fois de plus, est à quel point le pays réel, celui qu’on ne découvre qu’à condition d’avoir une familiarité avec lui et un minimum d’ouverture d’esprit, est différent de ce qu’en disent les médias européens.
Le chômage a monté, mais il reste moins perceptible qu’en Europe. La certitude qu’on trouvera un emploi demain reste prédominante. Des pertes financières ont eu lieu. Des gens qui pensaient avoir épargné de quoi vivre sans travailler davantage se sont remis au travail. D’autres ont renoncé, parfois contraints et forcés, à la maison qu’ils avaient achetée, mais la population, en général, voit là, essentiellement, la sanction découlant de décisions prises par des individus irresponsables. Le nombre de sans-abris n’a pas augmenté dans des proportions importantes. Ceux qui correspondent à cette définition restent des gens ayant des difficultés graves qui les rendent inemployables et qui, drogue ou alcool, préexistaient aux difficultés actuelles.
L’insécurité reste faible, sinon en des zones très circonscrites et définies elles-mêmes depuis longtemps comme zones d’insécurité en raison des activités de gangs, ainsi South Central Los Angeles où, j’en atteste, on peut néanmoins se promener la plupart du temps en toute quiétude.
Ce dont les médias européens ne disent rien non plus est ce qui rend, toujours, la vie quotidienne agréable, libre, paisible aux États-Unis. Nul risque pour quiconque ne viole pas la loi de voir porter atteinte à sa présomption d’innocence par la justice ou par la police. Nul détenteur d’autorité qui ait l’idée, digne de malades mentaux, de créer délibérément des embouteillages en coulant du ciment au milieu des routes et des avenues.
Nulle campagne obsessionnelle sur « l’effet de serre », car si un détenteur d’autorité se proclamait directeur de conscience global, des milliers de gens lui diraient que les États-Unis ne sont pas une dictature communiste. Un respect des autres et de la liberté individuelle de chacun rend les rapports du quotidien courtois, empreints de chaleur humaine. Ce respect a des effets et se traduit par une sensation de bonheur largement partagée. On croise plus de sourires en cinq minutes dans n’importe quelle ville américaine qu’en une semaine à Paris.
On ne parle quasiment pas en Europe du mécontentement réel, profond, vaste, qui monte vis-à-vis d’Obama et de ses actions. Hors des centres universitaires et des quartiers bobos, Obama inquiète de plus en plus. Il suscite aussi un sentiment grandissant : la colère. Obama voudrait européaniser les États-Unis et il s’aperçoit que ce ne sera pas si facile. Le peuple américain est attaché à certaines valeurs qu’il ne laissera pas confisquer. Une révolte monte que les médias européens ont tort de dédaigner, mépriser ou sous-estimer.
Ce qui me frappe, de retour en Europe, c’est que le gouffre qui sépare l’Europe des États-Unis s’élargit. Les Américains, dans leur majorité, voient les Européens comme des socialistes décadents, asservis, déprimés, et néanmoins résignés à ce qui les déprime, car nourris de la certitude que c’est pire ailleurs. La description me semble, hélas, assez exacte.
En sens inverse, la vision que les Européens ont des Américains ne mérite pas même d’être décrite tant elle est fausse. Cela prêterait à sourire si ce n’était inquiétant : une région du monde agonisante et auto-satisfaite a peu de chances de se relever…
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