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Réflexions sur la tragédie qui frappe Haïti


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Milliere Guy - jeudi 21 janvier 2010


Le tremblement de terre qui vient de frapper Haïti ne peut que susciter un élan de compassion et de générosité. Tout être humain digne de ce nom devrait faire ce qui est en son pouvoir pour aider des gens confrontés à tant de détresse. Le nombre de morts, de mutilés et de blessés ne sera pas connu avant des jours. Mais on sait qu’il sera très élevé. Cela dit, on peut craindre que l’essentiel ne soit pas énoncé.

Tout d’abord, la tragédie en Haïti est aussi grave parce qu’elle vient s’ajouter à une tragédie préexistante : Haïti est un pays en situation de faillite totale, de délabrement profond et de chaos absolu. Je me suis rendu, au cours des vingt dernières années dans une cinquantaine de pays sur tous les continents. Aucun des pays où j’ai pu aller ne m’a semblé dans un état aussi désespéré et, je dois le dire, aussi désespérant.

L’attitude générale par rapport à cet état de choses est, en général, de détourner le regard ou de, simplement, livrer des vivres et des pansements. Elle n’est pas d’analyser et d’agir vraiment. J’étais voici peu à Saint-Domingue et les Dominicains eux-mêmes me parlaient de Haïti avec une désolation fataliste. Je n’ai cessé de penser qu’il y avait, parfois, des devoirs éthiques d’ingérence dans les affaires d’un pays. C’est au nom de ces devoirs que j’ai approuvé (et approuve toujours) le changement de régime en Irak, que je trouve indigne l’attitude occidentale présente vis-à-vis du peuple iranien et que je considère depuis longtemps que les populations arabes de Judée-Samarie et celles de Gaza devraient être délivrées de dirigeants immondes.

C’est au nom de ces devoirs que je considère aussi que laisser des pays sombrer comme on a laissé sombrer Haïti est non seulement indigne, mais dangereux. Dois-je l’ajouter ? Je n’ai aucune confiance en l’action des Nations unies pour qu’une ingérence soit efficace.

Ensuite, la tragédie en Haïti constitue la démonstration terrible de ce que, face aux désastres, un pays sous-développé est bien plus vulnérable. En un temps où il est de bon ton de parler d’arrêt du développement et de jeter un regard phobique sur l’innovation, il serait utile de rappeler que développement et innovation permettent d’améliorer la qualité de l’existence des êtres humains, leur espérance de vie, et leur résilience face au pire.

La majeure part de l’humanité souffre non pas du développement et de l’innovation, mais au contraire de leur dramatique insuffisance. Ce dont les contrées les plus pauvres ont besoin, c’est de développement, d’innovation, et, cela va de soi, des conditions qui permettent l’un et l’autre : des institutions permettant la sécurité, la liberté d’entreprendre, le respect des droits de propriété…

Ce dont elles ont besoin aussi, même s’il est très politiquement incorrect de le dire, c’est de ce que divers économistes appellent un « ajustement culturel » car, c’est un fait, certains traits au sein d’une culture favorisent les conditions susdites, et, s’ils sont absents, ces conditions ne peuvent exister durablement.

L’une des multiples raisons pour lesquelles je n’ai aucune confiance en les Nations unies est que, passé le temps de l’aide de première urgence, elles n’ont jamais, nulle part, favorisé l’émergence effective d’institutions propices au développement et à l’innovation et n’ont jamais voulu entendre parler d’ajustement culturel : ce qui est normal puisqu’elles incarnent un consensus au sein duquel les dictatures sont majoritaires.

Enfin, la tragédie en Haïti montre que les phénomènes naturels sont toujours bien plus puissants que les êtres humains
. Ce qui a fait l’avancée et la fécondité de la civilisation a toujours été la volonté de maîtriser la nature autant que faire se peut, et la quête de l’émancipation des êtres humains. Il ne sera jamais possible d’empêcher les tremblements de terre : il sera possible, au mieux, de se prémunir contre eux par des constructions plus optimales, comme au Japon ou en Californie. Il ne sera pas davantage possible d’empêcher les activités du soleil, de demander aux volcans de ne pas entrer en éruption, ou d’exiger du climat qu’il ait une régularité de métronome : il sera possible là encore de se prémunir. Je ne fais confiance aux Nations unies ni pour prémunir quiconque contre les tremblements de terre, ni pour prémunir quiconque contre quoi que ce soit d’autre !

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En bref
Dhimmis
«On ne peut même plus parler de l’Europe chrétienne ou de l’Europe des Lumières. Nous ne sommes plus dans un régime qui assure à chacun le libre exercice du culte et la liberté de pensée et d’expression, puisque des policiers et des gardes du corps sont nécessaires. Comme les dhimmis, nous devons observer un certain langage et nier notre identité.»
Bat Ye’or, historienne

Sic
Insee «L’Insee préfère ne pas informer plutôt que de risquer de publier une nouvelle sensible. Par peur de réveiller le racisme en France ?»
Michèle Tribalat, démographe

Nationalité «Comment voulez-vous demander à des jeunes immigrés de choisir la nationalité française quand Mme Rama Yade déclare dans son livre : « Jusqu’à 18 ans, s’il y avait eu une guerre entre le Sénégal et la France, j’aurais choisi le Sénégal. Depuis, je ne sais pas. »»
Marine Le Pen

Bergé «M. Bergé est milliardaire avant d’être de gauche !»
Benoît Hamon, porte-parole du PS

EDF «EDF est une administration cotée en bourse qui va devenir une entreprise.»
Henri Proglio, PDG d’EDF

Problème «Même un secrétaire d’État aux choux farcis aurait, à un moment donné, un problème avec les choux.»
Brice Hortefeux,
ministre de l’Intérieur

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des Affaires étrangères israélien




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