Déresponsabilisation et ensauvagement
Les chemins de l’enfer sont souvent pavés de bonnes intentions. Notre lente descente civilisationnelle a commencé, de manière subreptice, sous la IIIe République, avec la transformation de l’Instruction publique en Éducation nationale, la mixité, la laïcité, et surtout avec les conquêtes coloniales justifiées par l’idée de « civiliser les races inférieures », selon l’expression de Jules Ferry.
Nous en payons aujourd’hui de plus en plus les conséquences, à travers des émeutes trop souvent qualifiées d’« incidents » ou de « débordements ».
La déresponsabilisation de la population, entretenue par l’accroissement des effectifs, des services et des bureaucraties de la fonction publique, a contribué à un appauvrissement général. Il en résulte une prolifération d’agents publics qui ne pourront jamais suffire à accomplir une mission de contrôle total en permanence, partout et à chaque instant. La police, la justice et l’emprisonnement, malgré des niveaux records et leur nécessité, ne pourront jamais assurer seuls la sécurité sur l’ensemble de notre vaste territoire.
La redistribution des richesses produites par les forces vives de la nation — agriculteurs, artisans et industriels — soumises à l’impôt, engendre des coûts de gestion et de redistribution qui en amputent lourdement l’efficacité. À l’inverse, un revenu universel de complément, versé à chaque personne de la naissance à la mort, aurait le mérite de la simplicité, de la transparence et de la continuité. Il réduirait les intermédiaires administratifs, limiterait les effets de seuil, garantirait un socle de sécurité à chacun et reconnaîtrait enfin une part de la richesse créée en dehors du seul travail salarié.
Dans une société où l’automatisation et l’intelligence artificielle accroissent fortement la productivité, il devient logique de mieux prendre en compte le travail non salarial, souvent invisible mais indispensable : éducation des enfants, aide aux proches, engagement associatif, entretien du lien social ou encore bénévolat.
Un tel dispositif permettrait également d’accompagner les transformations du marché du travail, de mieux amortir les périodes d’inactivité et de redonner du pouvoir de décision aux citoyens. Il ne s’agirait pas d’une aide d’assistance, mais d’un mécanisme moderne de répartition, adapté à une économie où la création de valeur ne passe plus uniquement par l’emploi classique.
M. Macron et M. Bardella apparaissent déjà comme bonnet blanc et blanc bonnet face à une fonction publique omniprésente et à une guerre intérieure nourrie par une lutte des races.
Seule une Europe européenne des Nations, allant du Pacifique à l’Oural, autosuffisante en personnels qualifiés et surtout en matières premières, pourrait nous sortir du déclin, voire de l’implosion. Sans l’autorité bienveillante de M. Poutine, l’ancienne URSS aurait volé en éclats, ce qui aurait encore aggravé notre situation.
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