Algérie : une plaie qui ne se referme pas

Algérie : une plaie qui ne se referme pas

La veille de Noël, les députés algériens ont voté une loi visant à « criminaliser la colonisation française », adoptée avec la bénédiction du président Abdelmadjid Tebboune.

Cette loi prévoit notamment de demander des excuses et des réparations à la France.

Je n’ai pas eu la loi elle-même entre les mains (d’après ce que je comprends, à la mi-janvier, elle n’était toujours pas publiée au Journal officiel) mais, si j’en crois ce qu’en disent les gazettes, toute personne célébrant ou promouvant la colonisation française encourt désormais 5 à 10 ans de prison. J’imagine que c’est réservé à ladite promotion en Algérie et qu’en France, elle est toujours autorisée, mais je n’en suis pas sûr !

Plus scandaleux, la « collaboration » des harkis avec les autorités coloniales est désormais qualifiée de haute trahison.

Comme la plupart de ceux qui sont restés en Algérie ont déjà été assassinés après d’atroces tortures, cela ne changera sans doute guère leur sort. Mais cela donne envie vomir de constater que le FLN, qui se maintient au pouvoir malgré le verdict contraire des urnes, après avoir monstrueusement torturé et assassiné, ose encore salir la mémoire de ses victimes.

Car, non, les harkis n’étaient pas des traîtres, mais des héros qui voulaient garder leur terre natale à la France – j’ose espérer qu’on a encore le droit de le dire en France.

Cependant, il y a plus douloureux encore, pour nous, Français.

Car les crimes que les assassins du FLN ont perpétrés ont malheureusement été, pour beaucoup, et même pour tous après le prétendu « cessez-le-feu », commis parce que l’armée française avait reçu l’ordre de ne plus défendre les Français – qu’ils soient européens, berbères ou arabes.

Certains officiers ont sauvé l’honneur en enfreignant les ordres – notamment en faisant traverser la Méditerranée à leurs harkis et à leurs familles. Mais comment se souvenir sans indignation de la circulaire Joxe de mai 1962 demandant que les harkis rapatriés en métropole soient renvoyés en Algérie à leurs bourreaux (et que leurs « complices » soient sanctionnés) ?

Il faut dire et redire que l’Algérie n’existait pas avant 1830. Que c’est la France qui a créé l’Algérie – et qui l’a largement dotée d’écoles, d’hôpitaux, de routes et de toutes sortes d’infrastructures. Que c’est la France qui a découvert les gisements de gaz qui font la richesse du régime – et dont le peuple algérien ne profite guère.

Il faut aussi rappeler que, si l’on tient à entretenir la guerre mémorielle, ce n’est certainement pas le FLN qui gagnera : combien de dizaines de milliers de chrétiens européens ont été razziés et déportés « en Alger » comme l’on disait alors ? Par ailleurs, quoi que l’on puisse (à juste titre) reprocher à la France jacobine, qui osera prétendre que le FLN respecte mieux qu’elle les Berbères de Kabylie ?

L’écœurement nous prend encore quand on lit que cette loi qualifie la colonisation française de l’Algérie de « crime d’État imprescriptible ». Mais il nous prend plus encore, quand nous nous souvenons que cette qualification ignominieuse reste, malgré tout, plus douce que la qualification du candidat Macron – qui y voyait, lui, un « crime contre l’humanité ».

Heureusement que la Macronie et le FLN voulaient « apaiser les mémoires » de concert. Que serait-ce s’ils avaient voulu tourner le fer dans cette plaie béante qu’est notre abandon de l’Algérie française et de la nation française qui l’habitait – et qui avait des droits sur l’État, n’en déplaise aux Machiavels au petit pied de 1962 ou de 2026 ?

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