Assistanat contre travail : la crise qui couve…

Assistanat contre travail : la crise qui couve…

Tout le monde se souvient de la révolte des Gilets jaunes, un mouvement qui a embrasé la France en 2018, cristallisé autour de l’augmentation brutale des prix du carburant. J’ai moi-même pris part à ce mouvement, d’abord sur les ronds-points de Segré, puis à Paris, et j’y ai rencontré des gens travaillant dur, des ouvriers, des employés, des artisans. Ces manifestations, organisées le samedi parce que la majorité des participants travaillaient la semaine, ont montré l’ampleur du malaise : des travailleurs incapables de boucler leurs fins de mois, malgré leurs efforts. L’augmentation du coût de l’essence n’a été que l’étincelle, car la colère couvait déjà depuis longtemps, exacerbée par un système d’assistanat qui privilégie ceux qui ne travaillent pas au détriment de ceux qui triment.

La naissance d’un mouvement profond

Le mouvement des Gilets jaunes a été amplifié par des algorithmes de réseaux sociaux, notamment Facebook, qui ont joué un rôle dans la propagation rapide de la contestation. Ces changements ont permis à la colère de s’organiser et de se diffuser massivement. Mais, dès que les manifestations ont pris de l’ampleur, la réponse du gouvernement a été sévère : répression, blessures graves, et condamnations lourdes. Des manifestants ont été éborgnés, des peines de prison ferme ont été prononcées contre ceux qui avaient osé défier l’autorité de l’État.

  • Cependant, cette répression n’a en rien résolu les causes du problème. Comme souvent en politique, on s’est attaqué aux symptômes, et non aux causes profondes. Un peu comme la médecine moderne qui soigne la fièvre plutôt que de chercher l’infection sous-jacente. Ce traitement des symptômes a laissé un goût amer à une grande partie de la population, car les revendications des ronds-points n’ont pas été entendues. Ce que j’ai entendu à Segré, c’était cela : « Je travaille dur, mais je n’arrive pas à joindre les deux bouts. Mes enfants n’ont même pas droit à une sortie au cinéma, alors que les “cas soc” d’à côté peuvent se le permettre grâce aux aides sociales. »

L’assistanat au détriment du travail

Le cœur du problème, c’est cet assistanat perçu comme injuste, car il bénéficie davantage à ceux qui ne travaillent pas qu’à ceux qui contribuent par leur travail à la société. Au lieu d’encourager le travail et de soutenir ceux qui se lèvent chaque matin pour gagner leur vie, le gouvernement a multiplié les aides sociales, accentuant ainsi ce sentiment d’injustice.

La réponse des pouvoirs publics a été paradoxale : au lieu d’écouter les travailleurs, ils ont renforcé les aides sociales, élargissant le filet de sécurité pour ceux qui ne travaillent pas. Le résultat est là : le déficit public se creuse, et l’État continue à creuser des trous qu’il ne pourra jamais combler sans augmenter encore les impôts sur le travail et l’épargne.

En parallèle, on assiste à une explosion des fonctionnaires territoriaux, avec une augmentation des effectifs de plus de 20 % ces dernières années, comme l’a relevé la Cour des comptes. Ces embauches ne se traduisent pourtant pas par une amélioration des services publics. Au contraire, les citoyens se plaignent de l’éloignement des services de proximité, conséquence de la création des communes nouvelles, des agglomérations et des communautés de communes qui, tout en augmentant les frais de fonctionnement inutiles, ont éloigné les citoyens des services publics.

Un système qui délaisse les postes utiles

Le véritable scandale, c’est l’augmentation des postes « administratifs » au détriment des postes utiles. Là où la France manque cruellement de médecins et de professeurs, les administrations se gonflent d’une armée de bureaucrates. Le sentiment de déclassement se renforce pour les citoyens qui peinent à se soigner ou à instruire correctement leurs enfants. Les services de santé sont saturés, les écoles manquent de moyens, mais les dépenses pour le fonctionnement administratif explosent. Ce déséquilibre alimente un malaise social croissant, où ceux qui travaillent ne trouvent plus la récompense méritée de leur labeur.

Le pays semble partir à la dérive, et les causes profondes qui ont conduit à la révolte des Gilets jaunes n’ont fait que s’aggraver. Le virus de la colère, lui, devient de plus en plus puissant. La crise sociale est là, latente, prête à exploser à nouveau.

Vers une révolte majeure ?

On peut craindre que tout cela mène à une révolte majeure. L’accumulation de frustrations, combinée à un sentiment d’injustice généralisé, forme un cocktail explosif. Si les travailleurs, les vrais contributeurs de la société, sont continuellement accablés par des taxes et une administration déconnectée, il est probable que la colère finisse par éclater à nouveau. Mais, cette fois, personne ne peut prédire jusqu’où cette révolte ira, ni combien de victimes elle pourrait engendrer.

Il est temps de redresser la barre

Pour éviter que l’irréparable ne se produise, il est urgent de réagir. Plusieurs pistes de solutions peuvent être envisagées pour redresser la situation :

  1. Alléger les charges qui pèsent sur le travail : Il faut encourager le travail, pas le pénaliser. Réduire les impôts et cotisations qui pèsent sur les travailleurs et les entreprises est essentiel pour redonner du pouvoir d’achat à ceux qui le méritent et soutenir la compétitivité des entreprises.
  2. Faire des économies en supprimant les échelons inutiles : Les régions, les communautés de communes et autres structures bureaucratiques ont alourdi le système sans apporter d’améliorations tangibles. Ces strates doivent être réévaluées, voire supprimées, pour faire des économies et recentrer l’action publique sur des services réellement utiles aux citoyens.
  3. Réformer l’assistanat : Le principe « celui qui ne travaille pas, ne mange pas» doit être remis au cœur des politiques publiques, tout en restant juste. Cela ne signifie pas abandonner ceux qui traversent des périodes de chômage, car ils ont cotisé pour une assurance chômage, qui doit les soutenir temporairement. Mais l’assistanat permanent, qui décourage l’effort et le travail, doit être combattu. Nous ne parlons pas ici de nos compatriotes inaptes au travail que la société doit en toute humanité aider.

Chaque travailleur, quel que soit son poste, doit pouvoir vivre dignement du fruit de son travail, élever ses enfants correctement, et avoir accès à des services publics de qualité. C’est une question de justice sociale.

Il est temps d’agir vite, avant que l’irréparable ne se produise. Si nous n’agissons pas, la prochaine révolte pourrait être plus violente, plus désespérée, et elle pourrait causer bien plus de victimes que la précédente.

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