Diabolisation et dédiabolisation
Voici quelques jours, la caste jacassante nous a offert l’une de ces polémiques loufoques dont elle a le secret.
Lors d’un meeting de campagne à Lyon, Jean-Luc Mélenchon a déclaré : « S’il s’agit de l’affaire Epstein… Ah, je voulais dire “Epstine”, pardon, ça fait plus russe “Epstine”, alors maintenant vous direz “Einstine” au lieu d’Einstein, “Frankenstine” au lieu de Frankenstein. »
Cette saillie déclencha un hourvari de commentaires, accusant le tribun trotskiste d’antisémitisme.
L’affaire manifeste d’abord un curieux sens des priorités.
Alors que nous sommes peut-être à la veille de la 3e guerre mondiale, ce débat paraît un peu surréaliste.
Mais c’est l’un des « intérêts » des médias de propagande : lorsque la meute médiatique monte un sujet en épingle, le public ne regarde pas ailleurs.
Cette affaire vient ainsi à point nommé pour laisser les dirigeants décider dans leur coin s’il faut ou non que la France intervienne dans la nouvelle guerre du Proche-Orient et pour détourner l’attention de l’affaire Epstein elle-même.
Pourtant, cette affaire devrait aussi éclairer sur les mécanismes de diabolisation et de dédiabolisation des adversaires.
Qu’il y ait de l’antisémitisme au sein de LFI ne fait guère de doute, ne serait-ce qu’en raison du poids des réseaux islamistes au sein de ce mouvement. Mais que la saillie de Mélenchon soit une preuve d’antisémitisme est pour le moins incertain.
Pour ma part, je dis « Epstein » – bien que je sache qu’aux États-Unis, on dit « Epstine » – parce que je suis agacé par le snobisme des pseudo-sachants qui veulent nous rééduquer. Exactement de la même façon que je disais « le » covid et non « la » covid. Aucune idéologie là-dedans, juste de l’exaspération !
Cependant, dans la diabolisation, ce qui compte n’est pas la vérité mais le fait que la meute puisse se jeter sur un os – ou l’ombre d’un os.
Souvenez-vous de l’affaire du « détail » : il était si peu évident que la déclaration de Jean-Marie Le Pen constituait une déclaration négationniste que personne ne s’en rendit compte pendant 48 heures.
Mais, une fois la polémique lancée, le mécanisme de diabolisation ne pouvait plus s’arrêter et ne pas s’excuser devenait une « preuve » supplémentaire de culpabilité.
Les politiciens qui en rajoutent dans la diabolisation devraient y prendre garde : personne n’est à l’abri. On se souvient de la phrase prêtée à Fouquier-Tinville : « Donnez-moi une phrase de n’importe qui et je me charge de le faire pendre. »
C’est pourquoi je n’ai jamais vraiment cru à la stratégie de dédiabolisation. Bien sûr, si l’on veut arriver au pouvoir, il faut éviter les provocations. Toutefois, le diabolisé est rarement responsable de sa propre diabolisation.
Mais cette affaire « Epstine » me fait aussi remarquer que la stratégie de diabolisation n’est pas beaucoup plus solide que la stratégie de dédiabolisation.
Car, pendant que l’on débat à l’infini sur la prononciation du nom Epstein, on n’insiste pas sur la vraie raison de refuser toute alliance avec Mélenchon qui réside dans son attachement affiché au communisme, idéologie qui a déjà fait plus de cent millions de morts.
Le problème, c’est que l’ensemble de la gauche est sous domination idéologique du communisme et qu’une bonne partie de la « droite » ignore la dangerosité du communisme (quand elle n’en partage pas certains principes fondamentaux). Il est plus facile de hurler avec les loups contre des phrases à la signification douteuse !
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