En défense des identités régionales
Nous voulons sauver la France des périls qui la menacent.
Nous voulons sauver et perpétuer notre civilisation, dont les racines sont judéo-chrétiennes et gréco-romaines ; je dirais même celto-gréco-romaines.
La France que nous voulons sauver s’est construite lentement.
Le premier royaume de France était tout petit. Il s’est agrandi peu à peu au fil des conquêtes, des alliances, des unions.
En s’agrandissant, le royaume de France s’est enrichi de la diversité de ses nouvelles provinces, ou régions, qui toutes sont peu à peu devenues françaises autant que la France de Paris, tout en continuant à puiser dans leurs racines.
Ma chère Bretagne est française depuis le traité d’Union de 1532, mais la plupart des Bretons d’aujourd’hui continuent comme leurs ancêtres à dire avec fierté et émotion : « Je suis français, ET breton ».
Mon plus lointain ancêtre identifié a accompagné Saint Louis dans sa croisade de 1248 ; mes deux grands-pères ont participé à la Grande Guerre de 1914-1918 ; mon père a combattu pour la France en Indochine.
Tous se sont battus avec courage et fierté pour la France ; mais c’est dans leurs racines bretonnes qu’ils ont puisé leur force et leur détermination. Je suis persuadé qu’il en a toujours été de même pour tous les Français « provinciaux » qui se sont battus pour la France.
Chaque région de France a sa propre histoire, son patrimoine, naturel, linguistique, culinaire et culturel, ses coutumes et traditions.
La diversité et la richesse des patrimoines régionaux font la richesse de la France.
L’identité de la France rassemble toutes les identités de ses régions. Les identités des régions de France font l’identité de la France. Sans ses régions, la France n’existerait plus. Paris ouvert aux quatre vents de la mondialisation, de la bien-pensance, du politiquement correct et de l’Islamisme, serait balayée, « remplacée ».
Certains voudraient rétablir la loi qui impose aux parents de choisir pour leur enfant nouvellement né en France un premier prénom français du calendrier chrétien.
J’approuve cette idée, mais en élargissant le choix à tous les prénoms de toutes les régions de France.
Les anciennes colonies françaises ne sont pas des régions de France. Puisqu’elles ont fait le choix de l’indépendance, qu’elles assument !
Les passionnés de football, de littérature et de belles chansons, n’auraient pas l’idée que dire que Bixente Lizzarazu, Per-Jakez Hélias, et Tino Rossi ont des noms et prénoms qui ne sonnent pas français. Tous les prénoms régionaux, alsaciens, basques, bretons, corses, etc., sont des prénoms français, autant que Louis.
Au cours de l’été 2021, sur CNews, Eric Zemmour a approuvé le rejet par les autorités françaises de la reconnaissance des langues régionales proposée par le Parlement européen.
Il disait : « et pourquoi pas le berbère ? » Il avait tort, gravement tort. Toutes les langues régionales, alsacien, basque, breton, corse, etc., sont des langues de France. Le berbère, comme l’arabe, ne sont pas des langues régionales de France.
Je suis convaincu depuis longtemps que chaque Français devrait, et gagnerait, à maîtriser 3 langues :
– celle de ses ancêtres pour « communiquer » spirituellement avec eux, perpétuer les écrits et les chants, et transmettre le patrimoine ;
– celle de notre Nation, la France, qui fait partie de NOTRE bien commun ;
– celle, étrangère, qui est dominante pour la génération concernée par ce choix :c’est l’anglais aujourd’hui, mais ça changera peut-être dans 30 ans.
Nous avons tous constaté qu’un enfant qui apprend deux langues dès la maternelle, acquiert étonnamment la capacité d’apprendre facilement une ou plusieurs autres langues, comme si un « logiciel » s’était déclenché dans son cerveau par l’apprentissage de ses deux premières langues.
Chaque enfant, dont les parents le souhaitent, gagnerait à apprendre dès la maternelle la langue de sa région en même temps que le Français. Ce serait pour lui un trésor d’une valeur inestimable, pour la vie.
Je sais de quoi je parle, car je suis de cette génération d’enfants bretons qui ont été privés de la langue de leurs grands-parents ; et j’en souffre aujourd’hui.
Depuis la Révolution française, les gouvernements successifs se sont acharnés à remplacer les langues régionales de France par la langue française, comme langue unique, par souci d’unité, de cohésion nationale.
Ce fut une erreur funeste, qu’il est encore temps de corriger.
Il eût été préférable d’imposer la langue française comme langue commune, en plus des langues régionales.
Lorsqu’une langue disparaît, toute la culture qu’elle véhiculait est condamnée à disparaître. Donc, si une langue régionale de France disparaît, l’identité de cette région est aussi menacée de disparaître.
Ainsi, puisque les identités des régions de France font l’identité de la France, la disparition des identités régionales entraînera la disparition de l’identité française.
Les racines de la France sont gréco-romaines et judéo-chrétiennes. C’est en partie vrai, mais ne sous-estimons pas l’importance vitale pour la France de ses racines régionales, toutes ces identités régionales dont elle nourrit sa propre identité.
Plus forte est l’identité d’une région, plus grande sera sa capacité à intégrer et assimiler des nouvelles populations, à la condition que ces populations le souhaitent.
Plus forte sera l’identité de toutes les régions de France, et plus forte sera l’identité de la France, et donc plus grande sera sa capacité à intégrer et assimiler des nouvelles populations, à la condition que ces populations le souhaitent.
Plus forte sera l’identité de la France, plus elle sera respectée, et moins elle sera vulnérable et convoitée par ceux qui voudraient remplacer notre civilisation.
Luc Siohan
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