Il n’y a pas que les idées de luxe il y a aussi le « vote de luxe » . Celui qu’on peut afficher. Voter RN c’est « plouc » . L’#ExtremeCentre c’est chic.
Il n’y a pas que les idées de luxe il y a aussi le « vote de luxe » . Celui qu’on peut afficher. Voter RN c’est « plouc » . L’ #ExtremeCentre c’est chic.Liberty Fox (@LibertyF0x)Les croyances de luxe
Régulièrement, vous pouvez me voir évoquer le concept de croyances de luxe.
C’est une notion que j’apprécie particulièrement, car elle décrit avec justesse la maladie des pays riches et du bien-pensant.
On les appelle aussi croyances ostentatoires (luxury beliefs), un terme popularisé par Rob Henderson. Elles s’inscrivent dans les vertus ostentatoires.À l’ère des réseaux sociaux, de la mise en scène permanente et de la compétition symbolique pour afficher une vie meilleure que celle du voisin, ces croyances sont devenues un outil de distinction sociale particulièrement efficace.
Contrairement à un intérieur ultra-design ou à des vacances au bout du monde, les croyances de luxe ne coûtent rien à ceux qui les affichent.
Elles sont faciles à adopter, faciles à exposer, et surtout sans risque personnel.On prône la décroissance “écologique” et le retour au gentil petit producteur, sans trop se soucier du fait que ces politiques peuvent provoquer des pénuries ou des famines à l’autre bout du monde.
On veut supprimer la méchante voiture individuelle.
Évidemment, c’est plus facile à dire quand on a le métro en bas de l’immeuble et un budget Uber pour rentrer de soirées dans des bars lounge.On explique qu’il faut savoir se contenter de peu. Le tout illustré en story par une photo du jardin, prise avec un iPhone 17 Pro.
On affirme que l’argent n’a pas d’importance, qu’il faut savoir l’oublier. Beaucoup plus simple à dire quand on dispose de plus de 100 000 € de patrimoine financier.
On explique que le travail ne doit pas être le centre de la vie, depuis un CDI, payé deux fois le salaire médian.
On affirme que les diplômes n’ont plus d’importance, tout en étant soi-même bac +5, parce qu’ à l’époque, ce n’était pas pareil.
On explique enfin que la police est un mécanisme d’oppression, ce qui est évidemment plus facile à soutenir quand on vit loin de toute criminalité, dans un environnement sûr et protégé.
Le cœur du problème est là :
Les croyances de luxe permettent aux élites de paraître vertueuses sans jamais payer le prix des idées qu’elles défendent.Et ce n’est pas anodin.
Car ces idées ne restent pas cantonnées aux discussions mondaines ou aux réseaux sociaux.
Elles existent dans les sphères politiques les plus élevées et finissent par être appliquées, peu importe leur coût réel.Dans nos sociétés, ce coût n’est pas seulement supporté par les classes populaires.
Il est collectif, et parfois mondial.Plus inquiétant encore, ces croyances de luxe se diffusent désormais vers les classes sociales plus basses.
Il n’est pas rare de voir des personnes issues des classes populaires les reprendre à leur compte,
alors même qu’elles en sont paradoxalement les premières victimes.Le pauvre veut vivre comme un riche.
Il cherche donc, lui aussi, à afficher des croyances de luxe, même s’il n’en a ni les moyens économiques,
ni les protections sociales, ni le capital culturel.Et c’est sans doute là leur victoire la plus totale : faire adopter aux plus fragiles des idées dont seuls les plus favorisés peuvent supporter le coût.— https://x.com/LibertyF0x/status/2012888612526805112
— Jean-Yves Le Gallou (@jylgallou) Jan 18, 2026
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