La Furie épique de Trump
Quelle différence d’un 28 février à un autre !
L’an dernier, Trump nous avait peinés avec ses moqueries contre Zelensky et son apparent parti-pris pour Poutine. Cette année, pour le dernier jour de février il nous a ravis avec l’opération Epic Fury car malgré les forces américaines massées tout autour de la péninsule arabique, un tiers de la marine, nous étions nombreux à penser que Trump perdait son temps à négocier. Les plus habiles négociateurs ne pouvant pas forcer les pires dictateurs à renoncer à leurs plans, la signature des ayatollahs (comme le deal calamiteux d’Obama en 2015 l’a prouvé) ne vaudrait pas mieux que celle de Poutine au bas d’un pseudo-accord.
Saluons au passage le nom des opérations militaires agréées par Trump : Midnight Hammer, Absolute Resolve et à présent Epic Fury : qui trouve ces désignations géniales, si graphiques ?
Trump posait 4 conditions à ce vil régime pour retirer son armada de la région : la fin du programme nucléaire (non enterré malgré les destructions causées en juin 2025 ), la réduction en nombre et en portée de ses missiles balistiques (autrement dit un désarmement quasi-total), la cessation de tout support à ses subalternes interposés (les groupes terroristes islamiques, que les média français paresseux désignent par le vocable anglais « proxy », tellement plus pratique) et enfin la fin des massacres d’opposants (30 000 tués en janvier !).
Voilà pour la partie visible de la stratégie suivie.
Toutefois, pour tous ceux qui font l’effort depuis le début de comprendre comment Trump procède, il était clair qu’ayant dit publiquement aux Iraniens désespérés que « l’aide était en route », il n’allait pas ne pas donner suite et qu’il ne cherchait pas qu’à gagner du temps. Mesurons la complexité, l’ampleur et les risques inouïs d’une telle opération pour la région, pour l’Amérique et pour lui-même. Pour cela, relions les points saillants de la politique de Trump au Moyen-Orient, la cour assidue affichée envers les chefs arabes, y compris l’actuel président de la Syrie post-Assad (malgré son passé au sein de Daesh) et la déstabilisation imposée à l’Axe du Mal (dont l’Iran faisait partie) par l’opération Absolute Resolve contre Maduro au Venezuela. Ajoutons les massacres du 7 octobre 2023 en Israël et replaçons tout cela dans le contexte d’une année électorale avec l’obligation de ne pas mécontenter la frange isolationniste et libertarienne de sa base MAGA.
Dans un discours sobre et direct, Trump, président et commandant en chef, s’est adressé à la nation et au monde, rappelant ce que personne ne devrait avoir oublié : la longue liste des attentats commis par le régime des ayatollahs contre les Etats-Unis depuis 1979, soit 47 années de guerre sans déclaration officielle mais néanmoins réelle et féroce.
Du reste, nous autres Français, pouvons trouver sur Wikipedia non seulement cette liste mais aussi la liste qui nous concerne, notamment dans les années 1980 : Galeries Lafayette, Librairie Gibert, Gare de Lyon…
C’est donc une attaque tardive et défensive de l’Amérique sur l’agresseur iranien.
Sans la force, seul langage que les tyrans comprennent, jamais le peuple iranien n’aurait pu venir à bout de cette monstrueuse théocratie, et qui d’autre que l’Amérique dans le monde libre possède une telle force de frappe ? Il fallait aussi le faire pendant le mandat de Trump, pour éviter, si la gauche irresponsable revenait au pouvoir en 2028, que les ayatollahs accèdent au nucléaire et l’utilisent sans hésitation.
Remarquable aussi, c’est que le but de Trump n’est que la chute du régime et qu’il laisse le changement de régime aux seuls Iraniens. Pas question de trahir ses promesses électorales et de se lancer dans une guerre longue embrasant la région.
Et pourtant, il y a aussi dans l’intervention de Trump la conscience que des soldats américains (tous volontaires) puissent périr au combat. Si Trump assume une telle résolution, c’est parce qu’au contraire des Européens qui se perdent en palabres, il comprend qu’il faille hélas être prêt à cela pour vaincre le mal absolu.
Espérons donc que les Etats-Unis, Israël et leurs alliés arabes prévalent rapidement. On ne sait qui est encore aux commandes en Iran, mais à défaut de pouvoir se venger directement sur l’Amérique, les forces iraniennes ont déjà lancé des attaques sur Bahreïn, le Koweït, le Qatar et les Émirats Arabes Unis. Et bien sûr sur Tel Aviv.
Les réactions des pays occidentaux (tous socialistes et anti-Trump) sont exactement ce à quoi nous sommes habitués. On se réjouirait bien pour l’aspect humanitaire mais les chef européens et Macron déplorent que le « droit international » n’ait pas été respecté et donc de ne pas avoir été, eux, consultés ! Les ayatollahs, Poutine ou Maduro ont-ils jamais respecté ledit droit international ? Quand les gens de gauche comprendront-ils que leur droit international est une fiction ?
Les plus fins : les Chinois, prudents, qui ont enregistré la perte d’un allié (et leur premier fournisseur de pétrole) sans commenter et le Canadien Carney qui a même diplomatiquement salué l’entreprise de son puissant voisin.
Les plus bêtes : l’Espagnol ultra-gauchiste Sanchez qui voit là une action unilatérale au profit d’Israël et le Russe Medvedev (son boss Poutine lui aussi perd un précieux allié dans leur axe du mal commun) qui voit une « agression » gratuite, et à l’évidence insensée puisque « l’Amérique n’a que 249 ans alors que l’Empire perse fut fondé il y a plus de 2500 ans » (sic !).
Trump ne pourrait évidemment pas utiliser une de ces opérations militaires brèves et ciblées contre Poutine s’il en avait le désir car la Russie, justement, a déjà l’arme nucléaire et n’a pas hésité à en menacer les capitales occidentales qui la vilipendaient pour sa deuxième agression contre l’Ukraine en 2022. Néanmoins, la réaction de colère des Russes nous laisse penser que l’idée a pu les traverser.
Et nous, nous avons bien le droit de rêver…
Laisser un commentaire