La responsabilité de la droite
Je suis récemment retombé sur une lettre que j’avais envoyée à Édouard Balladur en 2000, et que je republie partiellement ici. On voit qu’en 25 ans, la droite française n’a guère progressé !
Tel un grand nombre de vos électeurs, j’ai pris la plume pour écrire toute ma rancune à l’issue des dernières élections régionales. Ma lettre d’une trentaine de pages indiquait tous les points sur lesquels j’attendais du parti, censé me représenter, une autre réponse que celle qu’il avait apportée.
Depuis lors, rien ne s’est passé. La création du RPF a laissé croire un instant que des forces nouvelles se levaient à droite et que nos valeurs pourraient enfin être défendues. Il ne s’agissait en fait que d’une nouvelle farce électorale d’un élu dont l’appétit était plus gros que le ventre. Dommage, cela aurait pu créer une dynamique, en attendant ce rassemblement des droites que vos électeurs voudraient bien voir venir.
Un slogan, peint sur un mur en face de l’hôpital Saint-Jacques, me semble riche en réflexion : « Rendez-nous nos vies, vous ne savez pas quoi en faire. » Il est probable que message ait été jadis inscrit pour dénoncer l’inutilité du service militaire. Pour ma part, j’y ai vu un message des « malgré nous » de notre époque, ces victimes de l’avortement ; bientôt un Français sur deux sera éliminé. Il serait temps de lui donner la parole avant qu’il ne soit trop tard. Lors de la révolution, on fusillait les incendiaires de récolte ; il s’agissait de la survie de la Nation à une époque de disette. Aujourd’hui, les responsables de notre société appellent ni plus ni moins à l’élimination physique de ceux qui devraient constituer cette Nation demain.
Les journalistes, acquis de plus en plus aux idées de gauche, sont devenus petit à petit des agents de propagande de la pensée officielle. Il faut, pour l’honneur de notre pays, que les hommes politiques osent dénoncer le mensonge permanent du discours socialo-communiste. Toute la droite devrait être mobilisée sur cela ; c’est son rôle d’opposition.
Mon père, qui a 94 ans, vient de voir ses impôts augmenter de 30 %. Si les caisses sont pleines, comme on nous le laisse entendre, il y a peut-être une relation de cause à effet. Pour ma part, je me suis vu licencier, comme les autres, à l’approche de mes 60 ans et sorti probablement des statistiques officielles. Je n’ai pas vu, dans le plan de dégraissage (1 500 personnes) et de délocalisation de fabrication annoncé fin 99 par mon entreprise, les prémices d’une reprise économique.
La guerre économique, que l’on nous avait annoncée il y a maintenant plus de 20 ans, a été gagnée par les États-Unis. La dette du pays est énorme, on ne fait rien pour la rembourser. À force de délocaliser, on ne trouvera bientôt plus d’usine en France etc.
Toutes les manipulations des chiffres ou données, pour les statistiques comme pour les sondages, ne changent rien à cette dure réalité.
Il serait tout à l’honneur de votre parti de trouver les hommes qui, tels le Général de Gaulle, sachent dire cette vérité et persévérer, jour après jour, dans cette voie. Il s’agit là d’honneur national. Sinon, nous pourrions voir sur nos murs de nouveaux messages tels : « Rendez-nous nos voix, vous ne savez pas quoi en faire. » L’ignorance et l’incuriosité des problèmes de vos électeurs risquent à terme de conduire la droite à s’effondrer totalement et ses voix à se reporter sur premier venu qui saura tenir un discours qui corresponde à leur attente.
À une époque où la droite est assiégée de partout par une gauche omniprésente, il sera enclin à donner ses faveurs à des hommes qui font preuve d’un courage politique constant au-delà de l’adversité. Dommage, pour nous tous, que vous n’ayez pas été élu, comme nous l’espérions tous.
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