Le fiscalisme contre les automobilistes
Alors que les prix des carburants continuent de peser lourdement sur le budget des automobilistes, certaines stations-service tentent de contenir la hausse tant bien que mal. À Nogent-le-Rotrou, par exemple, une station Leclerc se bat actuellement pour gagner quelques centimes et afficher un prix symbolique sous la barre des 2 euros le litre – 1,99 €.
Un combat de quelques centimes qui illustre parfaitement la situation actuelle : pendant que les distributeurs réduisent leurs marges pour tenter d’alléger la facture des automobilistes, l’État, lui, continue de percevoir plus d’1,10 € de taxes sur chaque litre de carburant. Pour l’association « 40 millions d’automobilistes », cette situation est devenue intenable.
Dans de nombreuses stations-service, les distributeurs consentent des efforts commerciaux importants pour limiter la hausse des prix. Mais ces initiatives restent mécaniquement limitées par le poids de la fiscalité. En France, plus de la moitié du prix payé à la pompe correspond à des taxes. Parmi elles figure notamment le dispositif des Certificats d’économies d’énergie (CEE), qui représente environ 17 centimes par litre.
Or, malgré la flambée des prix et les inquiétudes croissantes sur le pouvoir d’achat, le Gouvernement refuse pour l’instant d’en suspendre l’application.
« À Nogent-le-Rotrou, on voit bien la réalité : le pompiste se bat pour gagner deux centimes et passer sous la barre des 2 euros. Pendant ce temps, l’État continue de prélever plus d’1,10 € de taxes par litre, sans rien changer. L’effort demandé aujourd’hui repose uniquement sur les distributeurs et les automobilistes », dénonce Philippe Nozière, président de l’association « 40 millions d’automobilistes ».
Pour l’association « 40 millions d’automobilistes », la situation démontre une nouvelle fois que les opérations commerciales ponctuelles ne peuvent pas remplacer une véritable décision politique.
On ne peut pas demander aux stations-service de compenser indéfiniment le poids de la fiscalité. Le Gouvernement dispose d’un levier immédiat : la baisse ou la suspension de certaines taxes, notamment celles liées aux certificats d’économies d’énergie.
L’association souligne également que la situation pourrait évoluer dans les prochaines heures. Les marchés pétroliers, et notamment le Brent, ont rouvert le 15 mars à 23 heures, un moment clé qui pourrait influencer l’évolution des prix dans les jours à venir.
Dans ce contexte d’incertitude, « 40 millions d’automobilistes » appelle le Gouvernement à prendre ses responsabilités.
Les distributeurs font leur part. Les automobilistes subissent déjà la hausse. Il est temps que l’État fasse un geste. Si rien ne change, la pression sociale continuera de monter et le Gouvernement devra bien finir par plier : les taxes sur les carburants doivent baisser.
Pierre Chasseray
Délégué Général de « 40 millions d’automobilistes »
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