Le triomphe de l’incohérence et de l’utopie
S’il y a une caractéristique évidente des politiciens français, outre leur fréquent manque de courage, c’est l’incohérence.
Ils font régulièrement la promotion de comportements dont ils réprouvent les conséquences.
On se souvient de la célèbre citation de Bossuet (souvent mentionnée de façon erronée) : « Dieu se rit des prières qu’on lui fait pour détourner les malheurs publics, quand on ne s’oppose pas à ce qui se fait pour les attirer. Que dis-je ? quand on l’approuve et qu’on y souscrit, quoique ce soit avec répugnance. »
Mais c’est presque quotidiennement que nous constatons que tel homme politique se plaint publiquement d’une situation, pourtant conséquence des principes qu’il promeut.
Avec Emmanuel Macron, nous avons, en ce domaine, franchi une nouvelle étape puisqu’avec son fameux « en même temps », il peut dire tout et le contraire de tout sans se soucier de cohérence.
C’est ainsi qu’il peut à la fois dénoncer la « décivilisation » et affirmer qu’il n’y a pas de culture française. Mais, si le chef de l’État ne promeut pas la culture française, qui peut s’étonner que les enfants de l’immigration n’y adhèrent pas et donc soient, littéralement, « décivilisés » (ils ont quitté leur culture d’origine et n’en ont pas trouvé dans leur pays d’accueil, ils n’en ont donc plus aucune) ?
Dans un registre fort différent, j’ai reçu tout récemment un communiqué de presse émanant de l’association des Élus locaux contre le Sida, présidée par l’inénarrable Jean-Luc Romero, s’inquiétant du développement du « chemsex », cette pratique qui consiste à allier usage de drogue et pratique sexuelle. Mais ne nous avait-on pas seriné jusqu’à la nausée que la « libération sexuelle » et les drogues « récréatives », c’était « cool » ? Certains ont cru pour leur malheur à cette propagande et cela a donné cette pratique – qui apparaît bien sordide à l’archéo-conservateur qu’est votre serviteur ! – dont j’ai naguère découvert l’existence à l’occasion des problèmes de Pierre Palmade.
De même, comment s’étonner de l’effrayante explosion de viols quand toute la société pousse à la consommation de contenus pornographiques ?
Dans la vie sociale comme ailleurs, il y a une logique.
Les causes entraînent des conséquences. C’est inéluctable, quoi qu’en pensent les utopistes.
Jadis, nous disposions, pour comprendre le monde, de deux principes fondamentaux, mis au jour par les philosophes grecs : le principe de non-contradiction et le principe de réalité. Ces deux principes sont quotidiennement piétinés. Ils doivent même apparaître « fascistes » pour l’extrême gauche (dont il ne faut jamais oublier qu’elle ne constitue pas loin du tiers de ce que l’on appelle encore, par dérision, la « représentation nationale »).
Eh bien, quand on les méprise, ces principes fondateurs se rappellent brutalement à notre bon souvenir. Une politique basée sur des principes contradictoires, une politique ignorant la réalité, comme celle de M. Macron, conduit inexorablement à l’échec.
Je peux comprendre que l’on soit, comme « Jupiter », un dévot de l’idéologie soixante-huitarde, mais alors il ne faut pas se plaindre de l’explosion des agressions sexuelles ou de la transformation de certains de nos « quartiers » en « narco-États » (car, oui, bizarrement, le marché de la drogue nécessite d’acheter toutes sortes de complicités, des armes, et il répand des sommes gigantesques d’argent sale dans les circuits monétaires).
Pour ma part, je suis un anti-soixante-huitard déterminé et je pense qu’il faudrait pénaliser non seulement le trafic de drogue, mais aussi sa consommation et sa promotion ! Mais sans doute suis-je aussi « fasciste » que la nature ou la grammaire !
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