Le triomphe de Malthus
La SNCF se serait probablement passée de cette discutable publicité mais elle a fait la « une » des médias la semaine dernière pour son annonce du lancement d’une offre « Optimum plus » réservée aux individus de plus de 12 ans et garantissant « silence et confort ».
Dans la pratique, du lundi au vendredi, les TGV comprendront 39 places dans des espaces interdits aux moins de 12 ans.
Tout le monde a eu à supporter des enfants particulièrement bruyants et l’on comprend qu’il soit difficile de travailler ou de dormir à côté d’eux.
Mais le message qu’envoie ainsi la SNCF est catastrophique. Alors que l’entreprise publique fut jadis une pièce maîtresse de la politique familiale (la carte familles nombreuses a longtemps été enviée par nos voisins), elle se range à son tour à la politique « no kids » qui semble être désormais le dernier mot de l’écologisme radical.
Au demeurant, il est assez curieux de faire comme si les enfants étaient la seule cause de dérangement dans les trains. Les adultes ne sont pas moins capables d’être grossiers et bruyants (et eux n’ont pas l’excuse de l’enfance, précisément !) – notamment avec leur téléphone portable.
Certes, les enfants peuvent être turbulents, mais c’est la vie.
Le seul endroit où nous sommes assurés d’être tout à fait tranquilles sur cette terre est le cimetière (que les Allemands appellent joliment, pour cette raison, « Friedhof », lieu de paix) mais nous ne sommes pas forcément désireux de profiter trop vite de cette paix !
Au demeurant, avant l’offre « Optimum plus », il existait une solution simple pour être tranquille dans un train : prendre une première classe (il est tout de même assez rare qu’une famille entière vous tienne compagnie dans ce cadre !).
Plus sérieusement, si ce débat semble vraiment s’apparenter à une tempête dans un verre d’eau, il est assez inquiétant de constater que notre société s’oriente de plus en plus vers la maison de retraite.
Non seulement les oligarques « français » ne veulent plus transmettre la culture française (dont ils prétendent, avec Macron, qu’elle n’existe pas), mais, en outre, ils ne veulent plus d’enfants à qui la transmettre. Il est d’ailleurs frappant que la plupart des dirigeants européens n’aient pas d’enfant. La logique soixante-huitarde du « Après moi le déluge » semble, hélas, avoir de beaux jours devant elle !
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