LFI, « l’allahicité » et la logique
Le récent communiqué de la France insoumise sur l’interdiction de l’abaya et du qamis est un petit bijou de propagande qui devrait être étudié comme un cas d’école.
Je passe sur le jargon – notamment l’usage de l’écriture « inclusive » ou la dénonciation des « assignations » (il y aurait ainsi des « assignations » religieuses comme des « assignations de genre » !) – pour en venir à la doctrine du texte.
La première chose qui saute aux yeux, c’est l’incohérence : il est impossible de comprendre à la lecture si l’abaya est un vêtement religieux ou non. Tantôt les élus LFI ont dénoncé « l’islamophobie » de l’interdiction, tantôt ils ont prétendu que l’abaya n’avait rien de religieux. Deux idées incompatibles.
Naturellement, il faudrait aussi, sans relâche, contester le terme d’islamophobie – invention des Frères musulmans qui laisse supposer que la critique de l’islam serait un délit.
Au demeurant, le communiqué affirme même que l’interdiction de l’abaya et du qamis est « raciste » – et donc délictuelle, dans l’état actuel du droit.
Lisez plutôt : « Raciste car elle vise ces adolescent·es en raison de leur appartenance réelle ou supposée à la religion musulmane et introduit un contrôle au faciès à l’entrée des établissements. »
Pas moins ! On ne voit pas pourquoi il serait « raciste » de s’interroger sur l’appartenance de quelqu’un à la religion musulmane, puisque l’islam n’est pas une race et que les musulmans sont, au contraire, issus d’innombrables races. Mais l’idée qu’interdire l’abaya conduirait à un contrôle au faciès est assez savoureuse. L’abaya couvre précisément tout le corps sauf le visage. Le contrôle de l’abaya est donc aussi opposé que possible au contrôle au faciès.
Mais les mots ne signifient plus rien dans la propagande islamo-gauchiste.
Il y aurait encore beaucoup à dire sur l’étrange conception de la laïcité. Si je comprends bien, l’État « laïque » peut interdire, comme naguère Vincent Peillon, l’exposé de la doctrine catholique dans les établissements scolaires catholiques, mais non s’immiscer dans les affaires d’une mosquée. C’est ce que l’on appelle sur internet « l’allahicité » – extirpant les racines catholiques de la France, mais soutenant l’islamisation.
Finissons sur ce morceau de bravoure : « Faire République ce n’est pas interdire à des adolescent·es de choisir leurs tenues. C’est répondre aux urgences sociales, démocratiques et écologiques par des politiques de partage des richesses, la refonte des institutions, et l’adaptation au changement climatique. »
J’aime beaucoup le sabir du « faire république ». Mais je m’interroge sur la logique qu’il y a à interdire à l’État de légiférer quand, par ailleurs, on affirme que l’État est compétent en tout – y compris empêcher le soleil de chauffer – et que, pour être un « bon Français » selon les canons de LFI, il faut vouloir encore plus de normes et de taxation et donc encore plus d’État.
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