Liberté abstraite et suppression des libertés concrètes
On connaît la fameuse loi de Laffer : Trop d’impôt tue l’impôt. Peut-être serait-il bon de songer aussi à une transposition de ce paradoxe avec le mot liberté : Trop de liberté tue la liberté.
C’est manifestement ce qui arrive en ce moment même au monde occidental.
Au prétexte d’offrir toutes sortes de libertés à toutes sortes de « minorités » (terme étrange qui peut à la fois désigner les femmes, pourtant majoritaires dans la population, ou des groupuscules de plus en plus réduits, comme ces lobbies qui prétendent parler au nom des « trans » et agressent non seulement la majorité de la population, mais même les lobbies homosexualistes radicaux – ces derniers étant supposés les persécuter).
Ce que l’on appelle l’idéologie « woke » et qui a toutes les apparences d’un nouveau totalitarisme réduit drastiquement notre liberté au prétexte de ces droits des minorités.
Quand on prétend censurer tout discours alternatif, quand on prétend emprisonner les parents qui ne sont pas d’accord pour traiter leur fille comme un garçon, on peut bien le faire au nom de la liberté, on mène tout de même objectivement une action liberticide.
À vrai dire, ce n’est pas nouveau. C’est également au nom de la liberté que des milliers de Français qui n’avaient que le tort de n’être pas enthousiasmés par les folies de Robespierre ont été assassinés.
À l’époque, les jacobins disaient ; Pas de liberté pour les ennemis de la liberté.
Et ceux qui regrettaient les libertés concrètes dont ils bénéficiaient sous l’Ancien Régime (selon le mot du grand historien Funck-Brentano, la France était alors « hérissée de libertés », qui bloquaient l’arbitraire dont les États sont naturellement enclins à user) étaient « évidemment » des ennemis de la liberté. Tout comme, aujourd’hui, ceux qui n’applaudissent pas au wokisme sont des ennemis de la liberté.
Le problème, c’est que ces libertés modernes sont totalement abstraites, inadéquates aux hommes en chair et en os que nous sommes.
Par conséquent, elles sont aussi largement arbitraires : n’importe quel politicien peut réduire nos libertés au nom de la liberté.
C’est le cas, en particulier, d’Emmanuel Macron. Tous les médias prétendent qu’il est un grand « libéral », mais nos libertés ont reculé brutalement sous son gouvernement.
En effet, les modernes ou post-modernes oublient une chose essentielle : la liberté n’est pas son propre juge. Sinon, dans la pratique, le seul juge sera en réalité le pouvoir politique (qui n’est pas nécessairement le plus enclin à défendre les libertés des citoyens !).
La liberté, dans l’ordre politique, doit être régulée par la quête du Bon, du Vrai (et même du Beau, n’en déplaise aux psychopathes qui ont enlaidi nos villes et nos campagnes).
Une liberté concrète est toujours une possibilité d’agir – et la seule possibilité d’agir qui soit réellement libératrice pour le plus grand nombre est la possibilité d’agir pour le bien.
Ma « liberté » d’assassiner mon voisin est, en effet, profondément liberticide.
Cette régulation de la liberté par la vérité concerne d’abord la vérité sur la nature humaine. Non, il n’est pas vrai que ce soit une libération d’avoir la possibilité de changer de sexe en fonction de ses désirs du moment !
C’est au contraire une aliénation – d’abord à ses pulsions, et probablement aussi à la propagande (car on ne me fera pas croire que la flambée de demandes de changement de sexe chez des enfants n’est pas le résultat de la propagande monstrueuse que la si mal nommée « Éducation nationale » s’autorise sur nos enfants).
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