Méfiance
Chaque année depuis 2009, le CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences Po) publie un Baromètre de la confiance politique. Celui de 2026 vient de sortir – et il est édifiant.
Les Français sont clairement dans un état d’abattement et de dépression : 45 % donnent le mot « méfiance » et 45 % le mot « lassitude » comme premier mot pour décrire leur état d’esprit actuel. Par comparaison, la méfiance ne concerne que 24 % des Allemands et la lassitude 15 % seulement.
71 % des Français se méfient des autres : heureusement qu’Emmanuel Macron, en triomphant de Marine Le Pen, nous a évité la guerre civile annoncée ! (Il est vrai qu’en évitant « l’amateurisme » du RN, il nous a aussi évité l’envolée de la dette et des impôts – cet homme est décidément un génie !)
Mais le plus impressionnant, dans ce Baromètre, reste le chiffre de la confiance dans la politique : 22 % des Français disent avoir confiance dans la politique. Soit 4 points de moins qu’en 2025. Et, surtout, beaucoup moins que les Italiens (40 %), les Britanniques (44 %) ou les Allemands (45 %).
Malgré la relative solidité de la Ve République, seuls 3 % des Français ont très confiance dans l’institution présidentielle, clé de voûte des institutions.
Emmanuel Macron a parachevé en beauté le travail de ses prédécesseurs.
Comme dans chaque édition, on constate en 2026 que l’institution politique à laquelle les Français font le plus confiance est le conseil municipal (58 %) – qui est, ce n’est pas un hasard, la plus proche d’eux et donc la plus responsable.
Il est intéressant également que seuls 29 % des Français font confiance aux institutions européennes (loin des 39 % d’Italiens et des 46 % d’Allemands), alors qu’aucun parti majeur ne parle plus de sortir de l’Union européenne. En un an, cette confiance a reculé de trois points – malgré (ou à cause de ?) la propagande macroniste.
Plus fondamentalement encore, 45 % des Français estiment que la démocratie ne fonctionne pas très bien chez nous – et même 31 % considèrent qu’elle ne fonctionne pas bien du tout : au total, plus des trois quarts (76 %) de nos concitoyens considèrent qu’elle ne fonctionne pas bien (un chiffre en hausse de 5 points en un an).
Ce n’est pourtant pas désintérêt pour la chose publique (53 % des Français s’y intéressent).
En ce domaine comme en bien d’autres, le bilan d’Emmanuel Macron est catastrophique : il a vendu du rêve lors de sa campagne de 2017, mais la réalité est amère et le réveil brutal.
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