Motion de rejet
Lundi 11 décembre, la motion de rejet déposée par les écologistes a été adoptée par 270 voix contre 265.
Pour comprendre comment cet événement rarissime a pu avoir lieu, il faut se souvenir qu’un député ne peut pas déléguer son vote pour une motion de rejet : il doit voter en personne – ce qui fait que, pour une fois, l’hémicycle était presque plein (548 députés sur 577).
Parmi les 29 absents figuraient 9 députés de la majorité qui auraient donc pu faire la différence.
À l’inverse, les oppositions ont voté assez largement ensemble (tous les députés LR ne sont pas associés à ce vote, mais toute la gauche, le RN et une partie des LR).
Naturellement, les raisons du vote sont assez différentes.
La gauche voulait montrer son opposition au texte qu’elle jugeait trop « répressif ».
La droite, elle, voulait revenir au texte du sénat, plus ferme que celui de la commission des lois de l’Assemblée.
À l’heure où nous mettons sous presse, nous ne savons quel sera l’avenir du projet de loi.
Députés et sénateurs se mettront-ils d’accord en commission mixte paritaire ? Si oui, le texte issu de la CMP (qui aurait alors toutes les chances d’être assez ferme, puisque les LR sont majoritaires dans la CMP) sera-t-il accepté par l’Assemblée ?
Difficile à prévoir. Et, par conséquent, difficile de deviner quel sera l’avenir du gouvernement : si ce projet de loi finissait par un échec, peu d’observateurs donnent très cher de l’avenir d’Élisabeth Borne à Matignon.
Mais celle-ci n’est pas seule à risquer gros dans ce dossier. Les députés LR ont, eux aussi, des raisons de s’inquiéter.
D’une part, ils ont, une nouvelle fois, montré qu’ils étaient des alliés (ou des adversaires) peu fiables pour le gouvernement, incapables qu’ils sont de trouver une position commune et de s’y tenir.
D’autre part, l’une des conséquences possibles d’un éventuel échec du projet de loi immigration serait la dissolution et une bonne partie d’entre eux ne retrouverait pas son siège.
Bref, cet événement inédit (la dernière motion de rejet adoptée datait de 1998) pourrait bien avoir d’importantes répercussions politiques …
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