Municipales : un bilan mitigé
Il est encore un peu tôt pour tirer tous les enseignements des municipales – d’autant qu’à l’heure où j’écris ces lignes, si les conseillers municipaux sont élus, il n’en va pas de même de beaucoup de maires et, surtout, les conseillers communautaires ne nous sont pas connus (alors même que les intercommunalités ont désormais plus de pouvoirs que les communes).
Cependant, on peut d’ores et déjà noter un certain nombre d’éléments qui devraient jouer un rôle majeur dans la vie politique des prochaines années – et notamment dans les élections nationales (présidentielle et législatives) de 2027. Éléments tour à tour inquiétants et plus rassurants pour les électeurs attachés à la survie de la France.
Commençons par les éléments inquiétants.
D’abord, la gauche fait mieux que résister. Malgré son lamentable bilan, elle conserve la plupart des métropoles. Ce qui implique soit que l’électeur est atteint du syndrome de Stockholm, soit que le changement de population rend plus ou moins irréversibles – au moins à court terme – certaines évolutions électorales.
Plus grave, la gauche se radicalise profondément. Nous avions déjà noté, la semaine dernière, la prise de Saint-Denis par LFI – prise doublement symbolique en ce que la ville fut jadis, avec Reims, le cœur battant de notre antique monarchie ; et en ce que Saint-Denis fut longtemps dirigée par Jacques Doriot, transfuge du PCF devenu ténor de la collaboration.
Bien sûr, il n’est pas question de tout ramener aux fameuses années 30, mais l’analogie entre le parcours de Doriot et celui de LFI est instructive : la matrice idéologique, dans les deux cas, est offerte par le marxisme-léninisme (parfaitement assumé malgré son caractère criminel avéré) ; et, dans les deux cas, un choix de collaborer avec ce qui apparaît inéluctable (la « nouvelle Europe » de l’occupation nazie ou la nouvelle France de l’immigration) est posé.
Depuis, Roubaix est également tombée entre les mains de LFI (ce qui fut salué par des drapeaux algériens et palestiniens, mais très peu de français !).
Il faut aussi relever que la droite peine considérablement plus à s’allier que la gauche.
Malgré les promesses, malgré les insultes, PS et LFI ont souvent réussi à fusionner – avec la bénédiction de caciques comme Hollande. Cependant, ce dernier exemple inviter à regarder aussi les bonnes nouvelles : le candidat de Hollande à Tulle fut sèchement battu.
Car la fusion entre le PS et LFI n’a pas toujours été profitable à la gauche. La stratégie d’Olivier Faure a pu s’avérer payante aux législatives ; elle a été désastreuse aux municipales : plusieurs villes passent à droite malgré (et sans doute plutôt à cause de) cette fusion comme Besançon ou Clermont-Ferrand, tandis que Toulouse reste à droite. En sens inverse, à Paris ou à Marseille, le choix du PS de refuser l’alliance s’est avéré gagnant. Les éléphants vont donc y réfléchir à deux fois avant de s’abandonner à Mélenchon.
Par ailleurs, quelques signes avant-coureurs d’entente à droite méritent d’être relevés. À Paris, Sarah Knafo s’est désistée courageusement (et astucieusement) pour faire battre la gauche. À Carpentras, la liste d’union d’Hervé de Lépinau a gagné. Et à Nice, le candidat ex-LR, Éric Ciotti, allié au RN, l’a également emporté haut la main.
Rien n’est donc perdu. Mais il serait temps que la droite mène enfin le combat culturel et dénonce clairement l’islamo-marxisme de LFI, à la fois pour clarifier son propre projet (le RN pâtit toujours de son refus de choisir entre droite et gauche) et pour dynamiter les alliances à gauche.
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