Obsessions françaises sur la Deuxième guerre mondiale

Obsessions françaises sur la Deuxième guerre mondiale

En France, on nous avance sans cesse que parce que l’URSS aurait perdu 50 fois plus de morts que l’Amérique pendant la Seconde Guerre mondiale, l’Europe devrait plus de gratitude aux Russes

qu’aux Américains.

De fait, je n’ai jamais entendu un discours en France sur la guerre sans que quelqu’un dise : « Mais les Ricains l’ont fait pour leurs propres intérêts (économiques). »

Suite à l’article d’Évelyne Joslain sur le 80e anniversaire de la victoire en Europe (n° 1495), un lecteur a « bondi au plafond » à propos de ce qu’il appelait une « réécriture de l’histoire » : « Les troupes anglo-américaines, insistait-il, n’étaient pas des héros mais des amateurs qui se battaient pour les intérêts économiques de leur pays et rien d’autre. »

Dans les années 1940, plus de 16 millions Américains ont servi sous les drapeaux. Pense-t-on qu’il y avait en Amérique des dizaines de millions de parents qui auraient dit : « Oui, notre fils adoré : quitte notre Home Sweet Home, enfile l’uniforme, nous voulons que tu risques ta vie pour que Coca-Cola puisse vendre plus de bouteilles aux Frenchies » ? !

De nombreux Français ne semblent pas s’en rendre compte, mais si quelqu’un est dupe de la réécriture de l’histoire, c’est bien eux : avec les mensonges gauchistes, tout est renversé.

Les Américains et non les communistes sont accusés de faire la guerre pour leurs « propres intérêts. » Tandis que les gens – que dis-je, les peuples – qui sont loués pour leur courage inné sont les Soviétiques et non les Yankees.

D’ailleurs, l’avez-vous remarqué, quoi qu’ils fassent, les Américains ne peuvent pas gagner. Quand ils font la guerre, c’est pour des raisons crapuleuses. Et quand ils essaient de rester en dehors de la guerre, ils sont condamnés pour leur neutralité.

L’Allemagne et le Japon ont, eux aussi, perdu (beaucoup) plus de vies que les USA (ou le Royaume-Uni) – faut-il aussi multiplier les louanges sur la culture des SS et des Japonais fanatiques par-dessus de celle, républicaine et démocrate, des GIs (et des Tommies) ? !

Quant au « rouleau compresseur russe [qui] avance inexorablement à l’est », n’est-il pas dû aux 400 000 jeeps et aux camions de l’Oncle Sam ? C’est l’avis de l’historien Antony Beevor qui écrit : « Sans les camions américains fournis dans le cadre du prêt-bail, l’Armée rouge n’aurait jamais pu atteindre Berlin avant les Américains. »

Dans leurs mémoires, Averell Harriman et Nikita Khrouchtchev ont tous les deux cité Staline en personne : « L’Amérique est un pays de machines ; sans ces machines, nous perdrions cette guerre. »

M. Pichard affirme qu’il ne faut pas réécrire l’histoire. Pour continuer son mépris du peuple américain, il se sent obligé de référer à leur « lobby pro-hitlérien » (sic) d’avant-guerre. Mais il n’y avait pas de lobby plus pro-hitlérien que… l’URSS du « petit Père des Peuples ».

Soyons réalistes : les seuls qui ont fait la guerre pour leurs propres intérêts (économiques ou autres), ce sont les dictatures : l’Allemagne nazie, le Japon impérial et — oui — la Russie communiste.

En effet, c’est une réécriture de l’histoire que d’affirmer que la guerre a commencé quand Hitler a envahi la Pologne. Il est plus juste de dire que la guerre a commencé quand Hitler et Staline ont ensemble envahi la Pologne, la Wehrmacht la partie occidentale et l’Armée Rouge (deux semaines plus tard) la Pologne orientale.

Eh oui, pendant les premières deux années du conflit, les nazis et les communistes étaient alliés. La vérité est que la guerre n’aurait jamais commencé sans l’aval, et sans la participation, de Staline.

Il ne faut pas être juif pour approuver la phrase du Talmud : « Si vous êtes gentil avec les cruels, vous finirez par être cruel avec les gentils. »

Cela explique toute la politique de la Gauche en général, dans quelque pays que ce soit, et c’est particulièrement vrai avec l’indulgence française envers les Soviétiques des années 1940 contrastée avec la méfiance pour les Américains prétendument fourbes.

Erik Svane

 

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