PPE : fric-frac à la française
Au terme d’une longue période de maturation, le Programme Pluriannuel de l’Énergie (PPE) fixant la feuille de route de la France en matière énergétique pour les 10 ans à venir a été arrêté par décret du 12 février 2026.
Ce programme confirme la place prépondérante donnée à l’électricité parmi les différentes sources d’énergie possibles et ce, conformément à l’objectif de décarbonation visé par l’État.
Symétriquement, une réduction significative du recours aux énergies fossiles est décidée.
La France va, dès lors, accroître sensiblement ses capacités de production d’électricité, ce qui va exiger des investissements lourds sur le renouvelable et le nucléaire – alors que nous sommes déjà fortement excédentaires en production d’électricité, situation qui conduit notre pays à exporter, à perte, cet excédent.
Si l’on résume, nous produisons bien au-delà de nos besoins, néanmoins le choix a été fait de porter, à terme, notre production à au moins 650 Twh, alors que nous étions à 453 Twh en 2023. Il s’ensuit que ce programme aidé par l’État va forcément coûter cher aux finances publiques, c’est-à-dire au contribuable et à l’usager via les contributions et taxes liées à l’énergie.
Par ailleurs, nous continuons à courir deux lièvres à la fois, ce que déplorent les spécialistes de la matière et les politiques lucides, qui constatent, en outre, que la consommation d’électricité stagne, ce qui invitait selon eux à une modération des investissements sur le renouvelable, voire à l’arrêt de leur subventionnement. Or, l’éolien offshore demeure encouragé. À noter, la priorité donnée à l’électricité renouvelable. On découvre que c’est cette électricité qui est d’abord consommée, ce qui conduit à restreindre la production des centrales nucléaires, lorsque celle du renouvelable suffit à couvrir la demande. Cette modulation du fonctionnement des centrales a un coût qui a été estimé à plusieurs milliards d’euros qu’immanquablement EDF va répercuter.
Le gouvernement déclare rechercher une stabilité du prix de l’électricité, lequel a doublé sur 10 ans, mais l’on voit bien que la fuite en avant que traduit ce PPE surdimensionné – et quelque part dogmatique – va fatalement conduire à une majoration du prix du kWh pour l’usager, eu égard aux investissements colossaux qu’il va falloir subventionner. Et puis, toute cette électricité, il va falloir l’écouler. Pour ce faire, les autorités misent sur un mouvement général d’électrification des activités et des usages, avec la modernisation de nos réseaux d’acheminement du courant, ce qui va alourdir l’addition.
De mauvaises langues prétendent que les autorités ont cédé excessivement au lobby du renouvelable (éolien, solaire).
Force est de constater que ce PPE 3 n’a pas fait l’objet d’une loi. Tout a été ficelé par le gouvernement assisté de ses services avec les professionnels de l’énergie. La transparence ? Elle attendra. C’est la verticalité à tous les étages assez courante dans notre gouvernance à la française. Quelle part ont pu prendre dans les décisions les experts de l’administration ? Nul ne le sait, mais l’on se doute qu’elle a compté, vu l’emprise exercée par les technostructures dans les sommets de l’État. Il s’est passé un peu la même chose avec les concessions d’autoroute, lesquelles assurent sur la base de contrats taillés sur mesure une rente très confortable aux concessionnaires, tandis que les péages augmentent sans cesse.
Nous avions en France au moins deux acquis financés à l’origine par les contribuables : l’électricité nucléaire et les autoroutes pas chères. C’est terminé. Évident sentiment d’arnaque chez nos compatriotes.
Notons quand même un point positif : la restriction apportée par le PPE 3 aux projets éoliens terrestres. On va donc arrêter de saccager le « paysage français », de pourrir la vie des ruraux et de déprécier la valeur de leurs maisons.
Laisser un commentaire