Sinistre comédie

Sinistre comédie

Le feuilleton budgétaire n’en finit pas de rebondir, comme une vulgaire émission de télé-réalité (il est vrai que beaucoup de parlementaires ne sont guère plus raffinés que les vedettes desdites émissions…).

Désormais, il semble que le Premier ministre opte pour une adoption grâce à l’article 49-3 de la constitution – qui force l’adoption du texte, sauf vote d’une censure par la majorité absolue de l’Assemblée.

Pour le moment, une telle majorité est assez improbable car le PS a été tellement « cajolé » par le gouvernement qu’il laisse entendre (sans l’assurer) qu’il ne votera pas les motions de censure – vraisemblablement déposées par LFI et le RN à chaque utilisation du 49-3.

À l’heure où j’écris (lundi 19 janvier), la plupart des commentateurs s’accordent à penser que Sébastien Lecornu va utiliser une première fois le 49-3 pour stopper les débats sur le volet recettes du PLF. Puis, une deuxième fois sur le volet dépenses (qui partirait ainsi directement au sénat). Et, enfin, une troisième fois, lorsque le texte budgétaire reviendra à l’Assemblée nationale.

Ce qui donne 6 motions de censure probables – et donc 6 occasions de chute. Et, si tout va bien, un budget autour de la mi-février.

Bien des choses peuvent encore se passer. Mais le plus clair de cette histoire, c’est que les parlementaires se moquent comme d’une guigne de la France et des Français. Ces chamailleries sont indécentes dans la crise où s’enfonce notre malheureux pays.

Autre évidence qui s’impose chaque jour un peu plus aux observateurs : il est absurde de faire confiance à la parole des politiciens.

Ainsi, Sébastien Lecornu s’était engagé à ne pas utiliser le 49-3 et le voilà qui s’apprête à l’utiliser trois fois en un mois. Et les socialistes, qui avaient juré leurs grands dieux que le 49-3 était l’ennemi de la démocratie (pourquoi diable le garder dans la constitution dans ce cas ?), le supplient de l’utiliser pour éviter les ordonnances !

Tout ceci est pitoyable.

Le candidat Emmanuel Macron s’était naguère beaucoup gaussé du « vieux monde ». Il en a conservé le moins recommandable – des nombreuses affaires politico-financières qui émaillent son « règne » aux grotesques palinodies parlementaires.

Il ne faudra pas s’étonner quand le « dégagisme » mettra tous ces braves gens dehors. Mais n’oublions jamais que, si le personnel actuel est au-dessous de tout, il pourrait bien être regretté amèrement quand Mélenchon et sa clique – qui forment, hélas, la seule opposition audible (loin devant les LR, le PS, et même le RN) – l’auront remplacé.

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