Taxe carbone et pénalisation de nos paysans
Le 28 janvier, la délégation du Rassemblement National au Parlement européen a déposé une objection à un texte d’application de la Commission européenne sur le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), entré en vigueur le 1er janvier 2026. Présenté comme un outil de protection contre le dumping environnemental, ce dispositif risque au contraire de pénaliser directement notre agriculture.
En cause des méthodes de calcul du « contenu carbone » des importations si complexes que de nombreux pays tiers ne peuvent fournir des données aussi précises. La Commission applique alors des « valeurs par défaut » souvent surévaluées, ce qui augmente artificiellement la taxe et renchérit les engrais importés. Or l’Europe dépend fortement de ces importations, et les prix ont déjà explosé : près de +60 % en cinq ans, depuis le Covid et la guerre en Ukraine.
Face aux alertes des organisations agricoles et des autorités françaises, le RN agit pour éviter une hausse de coûts chiffrée à plusieurs centaines de millions d’euros. Plusieurs États membres demandent désormais la suspension du MACF pour les engrais : nous défendrons cette mesure lors de la révision du texte cette année. Le MACF doit protéger notre compétitivité, pas l’étouffer.
Marie-Luce Brasier-Clain
Députée européenne
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