Un autre regard sur l’injustice de la réforme des retraites

Un autre regard sur l’injustice de la réforme des retraites

Comme dit Laurent Berger, de la CFDT, “ça me gonfle” !

La question des retraites a été abordée par le mauvais bout, celui du financement d’une mesure inégalitaire prise en 1982 par le président socialiste François Mitterrand¹, savoir le départ en retraite pour tous (déjà) à l’âge de 60 ans, qui s’entendait alors avec 37,5 années de cotisation.

Cela veut dire que l’âge de début de carrière professionnelle à l’époque était de 22 ans et demi.  Les salariés, qui auraient travaillé et été déclarés dès l’âge de 14 ans, avaient à cette époque 46 ans de cotisation, soit 8,5 années en plus par rapport aux autres. Cette hypothèse, à la date de l’ordonnance, conduit à une hypothèse de naissance de l’année 1937 (1983-46) c’est à dire avant-guerre, avant le babyboom, et un début de carrière en 1951. A cette époque il fallait travailler en usine pour être compté, la plupart des apprentis chez les artisans étaient considérés comme non-salariés ; leur patron leur donnait le gite, le couvert et l’argent de poche. La prise en compte de l’âge de 14 ans ne devait donc concerner bien peu de monde. La majorité des salariés pris en compte devaient l’être à partir des 18 ans, après leur service militaire qui, de 1954 à 1962, dura de 18 mois à 30 mois (en 1957) maximum. A cette époque les appelés étaient âgés de 18 à 22 ans. Ce temps est révolu. Il est évident que l’on devait creuser le sujet un peu plus loin qu’on ne l’a fait. Dans les années 60 l’âge de départ contractuel à taux plein était de 65 ans. La conséquence de l’ordonnance du président François Mitterrand, pour les employés du secteur privé, est que beaucoup d’entre eux n’ont pu profiter du FNEquand leur entreprise n’en avait pas les moyens. Leur renvoi sur le marché, en prenant prétexte fallacieux de l’ordonnance de 1982, impliquait fatalement la décote de la pension versée. Cette décote, ajoutée à celle de la non-revalorisation des retraites de l’emploi privé, est aussi une bonne raison, pour ceux qui ont été ainsi floués, de dire aujourd’hui “ça me gonfle”.  En 18 ans de retraite (de 2004 à 2022) ne voir que 7,2% d’augmentation de pension, avant prélèvement fiscal, alors que la mutuelle a augmenté de 103%, pensez-vous que ce soit normal et équitable ? Il y a de toute évidence un problème pour les seniors, que l’on ne veut pas voir !

Tous dirigeants confondus qui ne veulent pas voir, c’est toujours : “cochon qui s’en dédit”

Ordonnance du 26 mars 1982 qui, en douze articles, instaure, au 1er avril 1983, pour les salariés du régime général et les salariés agricoles, un “véritable droit au repos que les travailleurs sont fondés à revendiquer en contrepartie des services rendus à la collectivité à l’issue d’une durée de carrière normale” Tous les salariés “qui le souhaitent” pourront bénéficier d’une retraite complète dès lors qu’ils ont cotisé 37,5 années, avec une pension égale à 50 % du salaire annuel moyen des dix meilleures années. Ceux qui partiront à 60 ans sans avoir leurs 150 trimestres verront leur pension minorée – une décote  en fonction du nombre d’annuités manquantes, la retraite à taux plein étant garantie à 65 ans.

Il n’est plus possible de demander à bénéficier de l’allocation spéciale du Fonds national de l’emploi (FNE), dite préretraite-licenciement, depuis le 10 octobre 2011

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