Vers l’imposition d’une science officielle ?
S’il y a une constante dans le gouvernement erratique d’Emmanuel Macron, hormis l’effondrement de notre malheureux pays, c’est bien le recul brutal des libertés publiques.
J’évoquais la semaine dernière la manie de dissoudre toutes les associations qui ont le malheur de déplaire au Pouvoir (du moins quand elles sont « de droite » car la Macronie, volontiers arrogante, sait être flagorneuse avec les puissants !).
Mais on ne saurait oublier les multiples projets de loi visant à restreindre toujours davantage les libertés de pensée et d’expression, sous le grotesque prétexte de lutter contre le « complotisme ».
Je dis « grotesque » car cette lutte n’a aucun sens.
D’abord, parce que l’on ne persuadera pas par la coercition les personnes convaincues de théories loufoques. Cela contribuera au contraire à renforcer l’idée que le gouvernement « a quelque chose à cacher ».
Ensuite, parce que le gouvernement n’est pas le dernier à imaginer des complots plus ou moins absurdes.
Enfin, parce que, bien souvent, les théories dites « complotistes » s’avèrent vérifiées quelques mois après avoir été dénoncées. Que l’on songe, par exemple, à bien des affirmations sur les « affaires » du fils de Joe Biden ou sur la désastreuse gestion de la crise du covid.
Cependant, ce n’est pas parce que cette lutte est grotesque qu’elle ne porte pas de fruits.
Tous les ans, la Macronie nous « offre » un projet de loi limitant nos libertés.
C’est ainsi que le sémillant Gérald Darmanin a déposé au sénat le 15 novembre dernier un projet de loi visant à lutter « contre les dérives sectaires ».
L’article 4 de texte ajoute un article au Code pénal portant ces dispositions : « Est punie d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende la provocation à abandonner ou à s’abstenir de suivre un traitement médical [ …], lorsque cet abandon ou cette abstention est présenté comme bénéfique pour la santé des personnes visées alors qu’il est, en l’état des connaissances médicales, manifestement susceptible d’entraîner pour elles [ …] des conséquences graves pour leur santé. »
Autrement dit, tous les médecins qui ont critiqué la gestion de la crise covid auraient pu se retrouver en prison !
Dieu merci, cet article 4 a été supprimé au sénat – grâce à l’action du courageux sénateur LR Alain Houpert (qui avait été interdit d’exercice de la médecine pendant 9 mois par le conseil de l’ordre des médecins pour avoir dénoncé la suppression de la liberté de prescrire !).
Mais rien n’assure que l’Assemblée suivra le sénat sur ce sujet.
En toute hypothèse, un gouvernement dit « libéral » a imaginé ce que seul le régime de Staline avait pratiqué pour le moment dans l’histoire des hommes : imposer par le Code pénal une science officielle.
Cette idée est évidemment idiote (on se souvient dans quel ridicule a sombré la génétique stalinienne de Lyssenko). Elle est aussi puissamment liberticide.
Mais elle est surtout profondément dangereuse pour la science elle-même : la science ne progresse que parce que des « dissidents » critiquent les idées dominantes. Si lesdits dissidents se retrouvent en prison, nous nous retrouverons, quant à nous, à l’âge des cavernes ! Ils sont décidément brillants, nos braves « progressistes » !
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