Drogue et politiciens
Le test anti-drogue décidé par le Premier ministre, Sébastien Lecornu, pour les ministres, leurs collaborateurs, les hauts fonctionnaires, et, plus largement, toute personne ayant accès à des informations sensibles, a toutes les apparences d’une diversion.
À tort ou à raison, la plupart des Français pensent que certains de leurs dirigeants se droguent au moins de temps en temps – et que, par conséquent, ils sont extrêmement peu crédibles lorsqu’ils prétendent vouloir lutter contre le narcotrafic.
C’est en particulier pour cette raison que Sébastien Lecornu a décidé de lancer cette grande campagne de test.
L’autre raison était de montrer que nos « chers » dirigeants étaient « exemplaires » et, d’une part, se soumettaient aux tests autant que le simple citoyen, mais surtout, d’autre part, étaient majoritairement éloignés du trafic de drogue.
L’idée semblait plutôt bonne. Mais à la condition que les tests soient effectués par une autorité non politique (la gendarmerie par exemple) et que les résultats soient rendus publics.
Or, pour une raison mystérieuse, M. Lecornu a laissé les ministres organiser eux-mêmes les tests dans leurs ministères et a refusé de rendre les résultats publics au motif que le gouvernement n’était pas un tribunal.
Le résultat est tout simplement désastreux : ceux qui doutaient de l’importance de la consommation de drogue dans les « hautes sphères » politico-administratives ne peuvent plus faire autrement que de s’interroger et ceux qui étaient persuadés que nombre de politiciens étaient de gros consommateurs de substances illicites (il est vrai qu’ils racontent si souvent n’importe quoi que l’on peut difficilement croire qu’ils n’abusent pas d’hallucinogènes !) disposent désormais d’une sorte de « preuve ».
Ce qui est certain, en tout cas, c’est que la France a un grave problème avec le trafic de drogue.
Ce trafic déchaîne une violence effrayante (y compris de la part de gamins de 13 ou 14 ans).
Mais il déverse également dans l’économie légale des millions d’euros. Et ces millions pourrissent tout, à commencer par le monde politique. Car, comme le disait Émile Diaz, ancien membre de la « French connection », interrogé par la commission d’enquête du sénat sur le narcotrafic, « le trafic est basé sur la corruption ».
La France n’est certes pas encore un narco-État comme tant de pays, mais la drogue, les bandes rivales, l’argent sale et la corruption ont d’ores et déjà profondément gangrené notre société. Et les politiciens ne font rien pour nous persuader qu’ils comptent lutter efficacement contre cet état de fait !
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