Échec du fiscalisme
Le 1er mars dernier, entrait en vigueur la taxe sur les petits colis. Celle-ci était censée être l’arme absolue contre l’invasion de produits chinois – tout en remplissant les caisses de l’État.
Le principe était simple : tous les colis provenant d’un pays extérieur à l’Union européenne et d’une valeur inférieure à 150 euros paient une taxe de 2 euros par article.
Trois mois plus tard, force est de constater que c’est un échec cuisant.
Alors que Bercy tablait sur des recettes fiscales de 400 millions d’euros par an, nous sommes autour de 15 fois moins.
La raison est tout aussi simple que le principe de la taxe : les plateformes de commerce en ligne (notamment chinoises), qui étaient les principales cibles de cette taxe, ont logiquement délocalisé leurs envois vers la Belgique.
Résultat : les Français ne consomment pas moins de produits chinois qu’avant, mais l’État français n’encaisse plus rien et le pouvoir d’achat des Français a reculé.
Brillante démonstration de la nocivité du fiscalisme.
Au passage, notons que l’écologie – qui était l’un des arguments en faveur de cette taxe – est également perdante, puisque les colis voyagent davantage.
Le problème du socialisme et de la technocratie, c’est qu’ils imaginent l’économie comme un système fixe, dans lequel si l’on veut donner à Paul, il faut prendre à Pierre – ou, dans lequel si on interdit de travailler plus de 35 heures par semaine, davantage de personnes travailleront.
Mais ce n’est pas du tout ainsi que les choses se passent. Dans la « vraie vie », les acteurs économiques s’adaptent plus ou moins bien aux circonstances.
Pour les 35 heures, l’adaptation a consisté à augmenter la productivité ou à mourir (et très peu à embaucher). Pour les petits colis, elle a consisté à changer la route d’acheminement des produits chinois à destination des clients français pour payer moins d’impôts.
Pour appliquer le socialisme, il faudrait fermer hermétiquement les frontières. Mais, bizarrement, nos modernes gauchistes sont à la fois internationalistes et socialistes, c’est-à-dire que, comme Macron, ils veulent « en même temps » des choses contradictoires – en l’occurrence fermer les frontières pour pouvoir taxer tranquillement et transformer les frontières en passoires.
Le résultat est sous nos yeux : c’est un désastre. Nous détruisons l’économie française sous les normes et les impôts – et cela ne profite même pas à l’État qui voit ses impôts partir à l’étranger. Bravo, les génies !
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