Les TPE veulent des baisses de prix !

Les TPE veulent des baisses de prix !

À l’issue des annonces du Gouvernement destinées à répondre à la nouvelle flambée des prix des carburants, le SDI constate que l’exécutif persiste dans une logique qui ne répond pas au problème essentiel rencontré par les TPE : le prix payé à la pompe. Dispositifs ciblés, critères d’éligibilité, guichets, mécanismes de compensation ou de financement : à une crise de prix, le Gouvernement répond encore par une politique de guichets.

À une crise de prix, le Gouvernement répond par des guichets et de la dette. Proposer à une TPE de s’endetter pour payer son carburant plus cher n’est pas une solution : c’est repousser le problème de quelques mois. Les entreprises ont besoin d’une mesure immédiatement visible à la pompe, pas d’une nouvelle dette à rembourser demain. Quand elles renoncent déjà à recruter, reportent leurs investissements et manquent de visibilité, il faut agir directement sur leurs coûts.

Pour les artisans, commerçants, professionnels des services et indépendants dont le véhicule est un outil de travail, le carburant n’est pourtant pas une dépense facultative. Chaque hausse se traduit immédiatement par une diminution de leur marge et une nouvelle tension sur leur trésorerie.

Le maintien du Prêt Flash Carburant de Bpifrance illustre, pour le SDI, les limites de la réponse gouvernementale : proposer de la dette à des entreprises confrontées à une hausse durable de leurs coûts ne fait pas baisser leur facture. Un prêt peut répondre à une difficulté ponctuelle de trésorerie. Il devra néanmoins être remboursé, avec intérêts. Les TPE ne demandent pas qu’on leur prête de l’argent pour payer leur carburant plus cher. Elles demandent qu’on agisse sur le prix.

La possibilité pour les entreprises de verser une prime carburant défiscalisée pouvant atteindre 1 000 euros laisse également le SDI dubitatif. Encore faut-il disposer de la trésorerie nécessaire pour la verser. Pour une TPE qui reporte déjà ses investissements ou renonce à recruter faute de visibilité, présenter comme un soutien la possibilité de dépenser davantage relève du paradoxe. Une prime facultative ne remplace pas une baisse du coût supporté par l’entreprise.

Le SDI regrette à ce titre que le Gouvernement n’ait pas retenu une action sur les certificats d’économies d’énergie (CEE) et, plus largement, sur les différentes composantes du prix des carburants. Nous ne contestons ni les objectifs de transition énergétique ni la nécessité de leur financement. Mais dans une situation exceptionnelle de flambée des prix, aucun mécanisme ne devrait être considéré comme intangible lorsque des milliers de petites entreprises voient leurs marges amputées par un coût sur lequel elles n’ont aucune prise.

Plutôt que de multiplier les catégories, les conditions d’accès, les demandes et les mécanismes de financement, le SDI demande une mesure simple, immédiate et directement perceptible à la pompe pour les professionnels dont le véhicule constitue un outil indispensable à leur activité. Quand le problème est le prix du carburant, la priorité doit être de faire baisser le prix du carburant. Pas d’organiser le financement de sa hausse.

Marc Sanchez

Secrétaire général du SDI

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