Regard sur la France, pays encalminé

Regard sur la France, pays encalminé

Après près de 15 ans de gouvernance centro-socialiste, la France est en recherche d’alternance à droite si l’on en croit les sondages.

À supposer que ce changement advienne, serons-nous tirés d’affaire ? Le chantier du redressement à engager est immense vu « L’ampleur des dégâts » (Marc Eynaud).

Tout d’abord, le coulage des finances publiques : plus de 3 500 milliards de dette. Comment en est-on arrivé là ? Mystère pour l’homme de la rue, mais pas pour le petit monde politique, lequel n’a rien dit de la dérive – jusqu’à ce que le pot aux roses ne puisse plus être dissimulé. Compte tenu de la place que tient l’État en France, on ne sait pas comment on va financer les projets d’avenir, ni faire face aux programmes pluriannuels en cours.

Quant au prochain budget, déjà s’annonce, non une réorientation de notre fiscalité vers une fiscalité de projet proactive pour booster l’économie, mais le cortège des habituels expédients « partageux » de gauche qui vont frapper les classes moyennes et supérieures : non-indexation des pensions, rabotage des allocations familiales de ces familles méritantes déjà pénalisées par Hollande en 2015, et probablement d’autres mesures touchant les « riches ». En revanche, aucun signe pour l’instant que les généreuses prestations servies aux innombrables allogènes qui parasitent notre pays seront réduites. Donc, on va, dans la tradition du masochisme bien français, continuer de considérer l’étranger à l’égal du national et faire régler l’ardoise budgétaire exclusivement aux Français. Et puis c’est aussi une manière de caresser l’opinion dans le sens du poil. Les retraités ne sont-ils pas des privilégiés ? Autre chose dont il n’est pas parlé, les détenteurs de gros patrimoine ont déjà massivement expatrié leurs avoirs vers la Suisse ou le Luxembourg. On n’est jamais trop prudent dans un pays dont les élites étatiques et intellectuelles sont shootées à la taxe Zucman, cette aberration qui pourrait être relancée.

Malgré un endettement abyssal (on parle de 100 Mds d’intérêts à régler en 2029), notre pays continue à emprunter comme jamais pour rembourser de précédents emprunts. On nous dit que l’on ne peut faire autrement. Qu’au fond, ce qui est considéré en droit bancaire comme de la « cavalerie » n’a rien d’anormal. Et nous retrouvons là, l’une des infirmités de la France : le pilotage sans contrôle citoyen de ses finances, comme l’a montré le rapport Husson.

Bien d’autres problèmes affectent la vie de note pays. Les mégafeux de forêts en Gironde et dans le Var ont révélé un état d’impréparation dramatique de la sécurité civile. Encore une fois un déficit d’anticipation consternant de la part des autorités. Où sont les parlementaires ? La commissionite et la réunionite règnent dans les étages dirigeants, mais les dossiers restent sur les coins de table.

Autre aspect du clair-obscur qui s’est abattu sur notre pays : l’émergence d’une société plurielle. La France est désormais une société qui comprend autour de 10 millions d’étrangers. Cette diversité célébrée bruyamment par les progressistes est un facteur de fragilisation de la cohésion nationale. On le voit tous les jours avec l’islamisation des quartiers et le discours victimaire des associations de défense des immigrés. Dans son livre « 40 ans dans les cités » le préfet Aubouin craint l’explosion à terme. On ajoutera aux considérations qu’il expose que nombre d’allogènes cultivent un séparatisme décomplexé teinté d’agressivité et de contestation de la société française qui pourrait virer à l’hostilité ouverte.

À l’international, la France doit se débarrasser de ses chimères, telle la croyance que l’UE est la solution à ses problèmes. Cet européisme béat, complaisamment entretenu par la classe politique, doit être répudié. Il faut donner à la subsidiarité toute sa plénitude de sorte que les autorités de notre pays puissent retrouver des marges de manœuvre. En fait, il faut revenir, en matière de construction européenne, au modèle confédéral des années soixante, celui de la « Petite Europe ». C’est la seule manière de préserver les intérêts de la France, laquelle est l’unique État de l’Union d’envergure planétaire avec ses précieuses possessions du Pacifique et sa place au Conseil de sécurité. Il y a bien une exception française au sein de l’UE et c’est celle-là.

Après 15 années de décérébration par la gauche woke et le centre mou, la France a-t-elle encore en elle-même les ressources mentales de son redressement ? Est-elle encore capable de retrouver le sens de ses vrais intérêts ? C’est cela le sujet de la prochaine présidentielle.

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