RT by @jylgallou: RT by @jylgallou: Je me suis étonné de ce montage. Il rappelle furieusement les mécanismes qu’on avait vus avec Macron : le « prodige », l’ascension fulgurante, l’homme « incontournable », avant même qu’un bilan solide ne justifie cette stature. Mais plutôt que de conclure simplement que « les médias poussent Attal », je me suis demandé ce qui produit ce genre d’unanimité. Il existe un mécanisme : l’isomorphisme mimétique. Quand des organisations évoluent dans l’incertitude, elles observent les acteurs jugés légitimes et reproduisent leurs choix. Pas besoin de coordination : imiter devient une manière rationnelle de réduire le risque. La politique est un terrain parfait pou
Je me suis étonné de ce montage. Il rappelle furieusement les mécanismes qu’on avait vus avec Macron : le « prodige », l’ascension fulgurante, l’homme « incontournable », avant même qu’un bilan solide ne justifie cette stature. Mais plutôt que de conclure simplement que « les médias poussent Attal », je me suis demandé ce qui produit ce genre d’unanimité.
Il existe un mécanisme : l’isomorphisme mimétique. Quand des organisations évoluent dans l’incertitude, elles observent les acteurs jugés légitimes et reproduisent leurs choix. Pas besoin de coordination : imiter devient une manière rationnelle de réduire le risque.
La politique est un terrain parfait pour ça. Personne ne sait objectivement qui sera présidentiable dans cinq ans. Donc lorsqu’un grand média commence à présenter quelqu’un comme un futur poids lourd, les autres y voient aussi un signal.
Puis vient la cascade informationnelle : un média parle d’un « phénomène », un deuxième suit, un troisième constate que deux médias importants en parlent déjà. À partir d’un certain point, le fait que tout le monde parle de lui devient la raison pour laquelle il faut parler de lui.
La boucle devient alors auto-entretenue. On explique qu’Attal est incontournable parce qu’il est partout, mais il est aussi partout parce qu’on l’a présenté comme incontournable.
Et le risque pousse à suivre. Si tous vos concurrents annoncent l’émergence du prochain grand personnage politique et que vous l’ignorez, vous risquez de « rater » le phénomène. Si vous le mettez en une et qu’il disparaît trois ans plus tard, le coût est faible.
Le plus trompeur, c’est l’apparence d’indépendance. Quinze couvertures similaires donnent l’impression que quinze observateurs sont arrivés séparément à la même conclusion. Mais quinze personnes qui annoncent 30 degrés après avoir regardé le même thermomètre ne produisent pas quinze mesures indépendantes.
C’est pourquoi l’hypothèse du complot est presque inutile. Chacun peut agir indépendamment tout en observant les autres, et produire collectivement une homogénéité spectaculaire. Bourdieu parlait de « circulation circulaire de l’information ».
C’est peut-être ce que montre ce montage : non pas nécessairement une opération coordonnée en faveur d’Attal, mais un système capable de fabriquer une évidence politique par mimétisme.
— @MatthieuBoeche Aug 21, 2026
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