La dette nous asphyxie

La dette nous asphyxie

Une bonne utilisation de la dette peut être un bon outil de gestion, mais son abus peut amener à la faillite.

Sous les mandatures de Pompidou et de Valéry Giscard d’Estaing, notre dette ne dépassait pas 20 % du PIB.

On empruntait principalement pour faire des investissements d’avenir, parmi lesquels des centrales nucléaires, le TGV, et même le Concorde qui, avec la Caravelle, nous a donné un savoir-faire que l’on retrouve aujourd’hui chez Airbus.

Le budget de la Défense était encore de 3,4 % du PIB – qu’il nous faudra de nouveau atteindre.

Avec une dépense publique de 40 % du PIB en 1970, nous avons pu lancer tous ces travaux dont nous profitons encore aujourd’hui. Les Français d’aujourd’hui peuvent ainsi dire merci aux « boomers » de ma génération.

Nous avions donc à cette époque une dette productive.

Ça a commencé à déraper sous Mitterrand. En effet, avec des dépenses publiques qui ont atteint 54,2 % du PIB, nous avons payé cher (et nous continuons à payer cher) l’application même partielle du programme commun socialo-communiste.

Ces mesures ayant affaibli notre économie ont été financées par une augmentation des prélèvements obligatoires (qui sont passés de 33,8 % en 1970 à 45,2 % en 1985) et de la dette (qui est passée de 15 % à 30 % du PIB).

C’est également à cette période que le nombre de fonctionnaires a, malgré l’arrivée de l’informatique, fortement augmenté (+ 36 % jusqu’à ce jour).

C’est encore en nous endettant que nous les avons embauchés, en sachant que leur salaire, à partir de septembre, est payé par la dette.

À partir des années 1980, nous sommes entrés dans une ère de dette improductive.

Après cette date, nous avons commencé une folle course en avant, pendant que notre voisin allemand, avec le chancelier Schroeder et son programme Hartz 10, prenait des mesures drastiques de désendettement, nous sommes restés sur une absurde trajectoire de réduction du temps de travail, avec une petite accalmie sous Sarkozy.

Mais la dette a continué à augmenter, atteignant 1 800 Mds€ en 2012, 2 200 Mds€ en 2017.

Sous les mandats Macron, la dette s’est envolée à 3 500 Mds€, avec un « quoi qu’il en coûte » qui, s’il était indispensable pendant le Covid, a été surévalué et surtout a continué après coup.

Aujourd’hui, on se rend compte que la « machine » s’emballe et que l’on est près de l’explosion.

Nous sommes maintenant dans une dette destructive.

En effet, après avoir « roulé la dette », celle-ci va être entièrement dépendante des taux d’intérêt actuels. Ces taux ont tendance à augmenter et atteindront certainement les 4 %, voire plus si nos créanciers perdent, comme c’est fort probable, confiance en notre pays.

Cela veut dire que le coût pour nos emprunts atteindra rapidement 140 Mds€ par an, voire beaucoup plus. La dette s’emballera irrémédiablement.

Aux informations du 16 juillet, une étude sérieuse nous apprend que, pour seulement stopper cette dérive, il nous faudrait économiser impérativement 128 Mds€ jusqu’à 2030, sans pourtant résoudre aucun problème. Qu’en sera-t-il quand il faudra y ajouter 140 Mds€ par an ?

On entend déjà le refrain du « Il faut faire payer les riches », voire, pour les plus idiots, la volonté de ne pas rembourser notre dette.

Un calcul rapide nous démontre que 128 Mds€, c’est le coût, selon la Cour des comptes, de 36 000 fonctionnaires du début de leur carrière à leur mort. M. Macron, dans votre programme, vous annonciez la réduction de 120 000 fonctionnaires, mais vous en avez créé 180 000 de plus, soit un surcoût pour nos finances de 1 050 Mds €. Cherchez l’erreur !

Sachant que nous avons 3 millions de fonctionnaires en trop (dont une réduction possible de 2 millions immédiatement sans perturber le fonctionnement de nos institutions en les faisant tout simplement travailler durant toute leur carrière comme en Allemagne, soit 30 % de plus avec, comme chez nos voisins, interdiction de grève).

Conclusion : il n’y a aucune volonté d’en finir avec cette suradministration nocive. C’est la méthode extrême qui s’impose : le FMI et la BCE.

Elle arrive à grand pas !

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