Comprendre l’idéologie de Mélenchon
Il ne fait guère de doute que Jean-Luc Mélenchon soit l’un des politiciens contemporains les plus dangereux.
Dangereux, d’abord parce que son idéologie trotskiste et islamo-gauchiste est particulièrement nocive.
Mais dangereux aussi parce que l’homme a considérablement plus de talent que la plupart de ses concurrents et qu’il peut désormais figurer au deuxième tour de la prochaine présidentielle.
Pendant longtemps, j’ai considéré que la gauche, désunie, ne pouvait atteindre ce deuxième tour mais l’effondrement du « bloc central » et le réflexe de « vote utile » à gauche pourraient fort bien offrir à Jean-Luc Mélenchon une qualification de justesse.
Car, selon toute vraisemblance, cette qualification se jouera à moins de 500 000 voix.
Beaucoup estiment qu’un deuxième tour entre Mélenchon et le candidat du RN devrait tourner à l’avantage de ce dernier. C’est possible, mais rien n’est moins certain – d’autant que la capacité insurrectionnelle de certains soutiens de LFI pourrait bien faire pencher la balance.
Naturellement, à ce stade, alors que nous ignorons encore qui sera candidat, tout cela relève de la politique-fiction. Mais cela montre, du moins, qu’il est urgent de s’intéresser à Jean-Luc Mélenchon et à ses soutiens.
C’est ce que propose ce livre du journaliste Rodolphe Cart. Celui-ci ne cache pas son engagement à droite et ne prétend nullement à l’impossible impartialité, mais il propose de revenir aux textes mêmes du tribun d’extrême gauche pour mieux comprendre son caractère et son idéologie.
Le livre est passionnant (et guère rassurant). On y découvre un militant trotskiste, fanatiquement admirateur de la Terreur de 1793 – peut-être davantage d’ailleurs que de la révolution bolchevique.
Pour Mélenchon, « la France est la République ou elle n’est rien » (il est bien connu qu’elle n’était rien sous Louis XIV !).
Mais, surtout, il rêve de reproduire le grand bouleversement social de 1789. J’avoue que cela me fascine depuis des années : je persiste à ne pas comprendre comment des doctrinaires d’extrême-gauche peuvent applaudir à l’immense spoliation des pauvres par les riches qu’ont entraînée la nationalisation des biens du clergé et la fin des corporations.
On découvre également un Mélenchon capable de faire feu de tout bois pour ses intérêts électoraux (passant par exemple du populisme à l’union de la gauche en fonction des circonstances).
On découvre également (ce fut une découverte pour moi) un politicien profondément hostile au monde paysan et au monde rural en général – car, dans les métropoles urbaines, les hommes, déracinés, sont davantage malléables (et peuvent répondre au fantasme gauchiste d’auto-engendrement).
On lira également avec beaucoup d’intérêt les pages relatives à l’engagement maçonnique et laïcard qui a évolué jusqu’à devenir un « compagnon de route » de l’islam le plus radical.
La coalition soutenant Mélenchon ne peut pas tenir durablement – mais elle peut, hélas, le conduire au pouvoir si les droites sont incapables de s’unir.
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