Inspection du travail
L’affaire ne manque pas de sel : la semaine dernière, la cellule investigation de Radio France a révélé l’existence d’un rapport sur les relations sociales au sein du ministère du Travail – et celles-ci semblent exécrables.
En d’autres termes, cette Inspection du travail qui pourrit si souvent la vie des « salauds de patrons » semble être un patron fort peu « social ». Ceux qui donnent des leçons à la terre entière sont, comme souvent, assez peu exemplaires.
Selon Radio France, la raison profonde du mal-être des agents du ministère du Travail tient au manque d’effectif et à la culture du chiffre.
Peut-être devrait-on surtout s’interroger sur le sens profond de l’action de ce ministère : s’il faisait davantage confiance aux employeurs, se « contentant » de sanctionner les vrais voyous, au lieu de suspecter tout patron d’être par définition même un voyou, peut-être y aurait-il moins de problèmes sociaux au sein même du ministère – et surtout à l’extérieur, au sein des entreprises.
Un agent anonyme explique : « Si je vais sur un gros chantier de BTP, je pourrais rapidement contrôler une vingtaine d’entreprises de travaux qui n’auront pas affiché leur nom à l’entrée du chantier par exemple. Cela comptera pour vingt contrôles. »
Tandis que vérifier des faits de harcèlement lui prendrait des mois et ne compterait que pour un contrôle.
On comprend aisément ce que cela a de frustrant pour l’agent en question. Mais celui-ci se moque sans doute éperdument de détruire la vie d’un employeur en passant des jours dans son entreprise pour démontrer que c’est un fraudeur – si ce n’est un esclavagiste.
Malheureusement, il y a fort à craindre que ce rapport ne soit une nouvelle occasion d’aggraver la situation en embauchant davantage d’inspecteurs pour « fliquer » encore davantage de patrons.
Pourtant, il serait assez facile de profiter de l’occasion pour assainir les relations sociales au ministère du Travail et ailleurs.
Si l’État, donnant l’exemple, faisait confiance aux patrons et partait du principe que l’immense majorité des employeurs sont respectueux de leurs employés – ne serait-ce que pour des raisons d’efficacité (croit-on vraiment que l’on travaille bien dans une atmosphère délétère ?) –, les inspecteurs du travail ne seraient pas accueillis par des insultes ou des pneus crevés dans les entreprises et pourraient s’épanouir dans leur métier.
Mais considérer qu’un patron n’est pas forcément un « accapareur » supposerait de quitter la mentalité communiste qui détruit la France – et cela ne semble pas à l’ordre du jour.
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