Plus que Dieu désormais: un livre de colère et d’espérance

Plus que Dieu désormais: un livre de colère et d’espérance

Il y a des livres dont le titre résume à lui seul l’ambition. Plus que Dieu désormais !, de Philippe Arnon, est de ceux-là. Car l’auteur ne nous propose pas une énième lamentation sur le déclin français : il entend remonter jusqu’à ce qu’il considère comme sa cause première, l’effacement progressif de Dieu de l’horizon collectif.

Son diagnostic est presque brutal. La France aurait perdu, avec la foi qui l’avait structurée pendant des siècles, non seulement un culte, mais une conception commune de l’homme, de son destin et de la société. De la Renaissance aux Lumières, de la Révolution à la sécularisation contemporaine, Arnon décrit une longue marche vers l’individualisme, puis vers ce qu’il nomme la « dislocratie » : une société qui semble avoir fait de la dislocation de ses propres fondements un principe de fonctionnement.

On pourra discuter certaines généalogies historiques, juger excessives certaines formules, ou contester le pessimisme foncier de l’auteur. Mais il faut reconnaître à cet ouvrage une qualité devenue rare, il ose poser la question que notre époque s’acharne précisément à ne plus poser: que devient une civilisation lorsqu’elle ne sait plus pourquoi elle existe ?

Arnon ne se contente pourtant pas de dresser l’acte d’accusation. Il cherche une issue. Et cette issue ne réside ni dans une réforme institutionnelle, ni dans quelque ingénierie sociale miraculeuse. Elle suppose, à ses yeux, une conversion du regard : retrouver Dieu, non comme un supplément d’âme réservé aux consciences privées, mais comme le principe susceptible de redonner sens, unité et espérance à une nation désorientée.

C’est ici que le livre prend une dimension presque prophétique. L’auteur ne prétend pas disposer d’un programme politique ; il en appelle à un sursaut spirituel. Il observe aussi les signes, encore ténus, d’un regain d’intérêt pour le christianisme et veut y discerner autre chose qu’une nostalgie : la possibilité d’un recommencement.

Plus que Dieu désormais ! est donc un livre de colère, mais aussi, paradoxalement, un livre d’espérance. Car si Arnon se montre si sévère envers la France contemporaine, c’est précisément qu’il refuse de la croire définitivement condamnée. Après avoir cherché toutes les solutions humaines, il ne reste, selon lui, qu’une dernière ressource : lever à nouveau les yeux vers le Ciel. Et c’est peut-être là, derrière la provocation du titre, le véritable message du livre : lorsque tout semble avoir été essayé, il reste encore Dieu.

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