Rave party
Le week-end dernier nous a offert un de ces spectacles dont nous sommes, hélas, familiers mais qui n’en finit pas de nous stupéfier.
Une rave party géante avait lieu près de Bourges, sur un champ de tir appartenant à la Délégation générale de l’armement.
Passons sur les nuisances pour les riverains qui montrent que, chaque jour un peu plus, la société anciennement française devient une jungle où chacun piétine son voisin dans l’indifférence générale.
Le plus extravagant était que cette « fête » (comment peut-on appeler cela une fête ? Et comment peut-on supposer que ces « boums boums » répétitifs aient quoi que ce soit à voir avec de la musique ?) était à la fois interdite et encadrée par la maréchaussée.
Nous vivons décidément à l’heure des contestataires subventionnés ou de l’anti-conformisme moutonnier !
En l’occurrence, donc, ce terrain était un terrain militaire, donc inaccessible au commun des mortels, mais des milliers de personnes (au moins 17 000 selon les forces de l’ordre) ont pu y stationner pendant trois jours – et ce, malgré un important dispositif policier.
Dans le même registre surréaliste, les organisateurs prétendaient dénoncer une loi actuellement en discussion.
Cette loi prévoit de réprimer davantage ces rave parties illégales – actuellement les organisateurs n’encourent, semble-t-il, qu’une peine de 1 500 euros (et les participants à celle du Cher, le week-end dernier, quand ils ont été verbalisés, n’ont eu que 135 euros d’amende à payer – soit, en somme, le prix d’un billet de concert !).
Le ministre de l’Intérieur a survolé la zone durant le week-end et a assuré qu’il était déterminé à faire passer au plus vite la loi en question. Mais, dans la pratique, des milliers de personnes ont pu stationner illégalement sur un terrain militaire, y consommer de la drogue, le tout sous le regard des gendarmes – et l’on s’étonne que ces derniers ne sachent plus à quoi ils servent vraiment !
Cerise sur le gâteau, durant le week-end, au moins deux obus non explosés ont été découverts par les « festivaliers ». Gageons que, s’ils avaient explosé et blessé quelqu’un, l’État (c’est-à-dire nous tous, contribuables) aurait été considéré comme responsable par la justice !
Serait-ce trop demander qu’un peu de bon sens dans les relations entre concitoyens et entre les autorités et les Français ?
Une loi ainsi impunément ignorée, c’est un message catastrophique pour toute la société : cela signifie tout simplement qu’en lieu et place du droit, nous sommes revenus à la loi de la jungle et à la guerre de tous contre tous !
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