Villiers et le sursaut de la France éternelle
Dans une France travaillée par le doute, minée par la désagrégation de ses repères et tentée par la résignation, Philippe de Villiers ose convoquer le vocabulaire de la foi pour parler du destin national. Le titre de son nouvel ouvrage : « Résurrection » est tout un programme. Car la France porte encore en elle les ressources de son propre relèvement.
Après avoir dénoncé le « Mémoricide », entreprise d’effacement de la mémoire collective, puis le « Populicide » et la rupture entre les élites et le peuple, Philippe de Villiers franchit une nouvelle étape. Il ne se contente plus de nommer les causes du mal ou d’en désigner les responsables. Il propose désormais une espérance.
L’auteur rappelle que le déclin d’une civilisation n’est jamais une fatalité historique, mais le résultat d’une abdication des volontés.
La thèse qui traverse ce nouveau livre est celle d’une distinction fondamentale entre la France éternelle et les régimes politiques qui se sont succédés.
Philippe de Villiers raconte ici deux millénaires d’espérance française. Pas pour regretter un âge d’or, mais pour retrouver le fil d’une histoire dont les Français ont perdu le sens. Car une nation ne se décrète pas. Elle se reçoit et se transmet. Et une société qui ne sait plus ce qu’elle doit transmettre finit par ne plus savoir pourquoi elle devrait durer.
La véritable originalité du livre tient sans doute moins à son diagnostic qu’à la réponse qu’il entend lui apporter. Philippe de Villiers convoque la figure biblique du « petit reste » : cette minorité de fidèles qui demeure attachée à l’espérance, alors même que tout semble perdu. Transposée sur le terrain politique, cette image devient celle d’une élite de consciences libres, capables de résister aux conformismes ambiants et de préparer le redressement.
Mais comment retrouver une continuité sans se contenter de reproduire le passé et transformer une minorité de convaincus en une force de rassemblement ?
Les majorités, répond Philippe de Villiers, entretiennent souvent l’ordre établi (ou le désordre établi comme aujourd’hui, ajouterions-nous !), tandis que les minorités peuvent en modifier le cours.
Cependant, la défense de la France éternelle doit aussi se traduire en propositions concrètes. Le retour aux sources ne suffit pas à répondre aux urgences du présent. Et la dénonciation des élites ne saurait constituer, à elle seule, un projet de gouvernement.
Au fond, ce livre veut affronter cette question difficile : qu’est-ce qui fait qu’un peuple demeure lui-même ? La politique ne saurait se limiter à la gestion des intérêts matériels. Les nations ont aussi besoin d’un récit, d’une fidélité et d’une espérance.
La France n’est pas condamnée à disparaître, mais elle ne retrouvera pas non plus son élan par la seule évocation de ses gloires passées. Car une civilisation ne renaît pas simplement parce que quelques-uns refusent sa mort. Elle renaît lorsque cette fidélité devient contagieuse. Alors seulement, la France éternelle pourra redevenir une réalité vivante, capable de traverser les siècles sans renoncer à elle-même. Souhaitons que cet appel de Villiers soit entendu !
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