Barbarie du quotidien
Le 23 juin dernier, le jeune Louis (17 ans) a succombé à ses blessures à l’hôpital de Perpignan.
Quatre jours plus tôt, il avait été retrouvé grièvement blessé sur un chantier de Narbonne. Et, quelques heures plus tard, la vidéo de son lynchage avait connu une diffusion virale sur les réseaux sociaux.
D’après ce que l’on sait, la jeune victime était hébergée depuis le mois de mai dans un foyer de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) et aurait été attirée dans un guet-apens par cinq autres jeunes – dont trois également hébergés dans un foyer de l’ASE, mais non le même que celui de leur victime.
Ces derniers auraient roué de coups le malheureux et filmé la scène, mettant probablement eux-mêmes la vidéo sur les réseaux sociaux.
On ignore en revanche tout de leurs mobiles. Mais, à vrai dire, si cela importe grandement à la recherche de la vérité par la justice, cela importe peu pour les observateurs de la vie politique que nous sommes.
Car le plus important, c’est ce que cet assassinat effrayant révèle de l’ensauvagement de notre société – ou, si l’on préfère la très juste expression de Marine Le Pen, de la « barbarie du quotidien ».
Une partie de la jeunesse part à la dérive.
Non seulement de très jeunes gens ont battu à mort un autre très jeune homme mais, manifestement dépourvus de tout sens moral, bien loin de s’en cacher, ils s’en sont vantés en filmant la scène.
Un peu comme dans les jeux vidéo dont tant d’entre eux sont gavés.
Notre jeunesse manque cruellement d’au moins deux principes : le principe de réalité qui permet de faire la part de ce qui « existe » dans l’univers fictionnel des jeux vidéo et du monde réel ; et le principe d’autorité qui fait songer aux conséquences (et aux sanctions) avant de commettre le mal.
Le problème, c’est que nos glorieux gouvernants ont délibérément détruit ces deux principes fondamentaux.
La vision mortifère de mai 68 est parvenue au pouvoir au moins depuis 1981 (et même très largement depuis 1974) : il est donc interdit d’interdire.
Mais qui ne voit que les interdictions et les limites sont autant de protections pour les plus faibles ?
Une société sans interdiction est soumise à la loi de la jungle et les plus forts y ont tous les droits. Est-ce cela que la caste jacassante appelle à longueur de journée « l’État de droit » qui serait menacé par la soif d’autorité de tant de Français (au point que même Gabriel Attal appelle à un « choc d’autorité » – oubliant opportunément qu’il a été Premier ministre) ?
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