La stratégie de campagne de Milei

La stratégie de campagne de Milei

Nous avons déjà signalé dans ces colonnes l’excellent livre de Michaeal Miguères « La révolution Milei », mais il vaut la peine – surtout à la veille d’échéances électorales importantes – de revenir sur le sujet.

En particulier parce que le « mileisme » n’est pas simplement une doctrine libertarienne plus « radicale » que la plupart de celles qui sont arrivées au pouvoir dans différents pays développés, mais aussi une pratique politique qui peut donner à réfléchir à des candidats dans un contexte très différent de celui de l’Argentine.

Les médias de grand chemin ont réussi à faire de Javier Milei une espèce d’illuminé totalement isolé et dont le succès serait impensable ailleurs.

Mais rien n’est plus faux. D’abord, parce qu’être élu sans aucun soutien partisan suppose un immense soutien populaire.

Mais aussi parce que la pratique politique de Milei a été théorisée – comme le rappelle très opportunément Michael Miguères – par Murray Rothbard dans un contexte très différent de la société argentine – et pourrait donc logiquement servir ailleurs.

Cette partie de l’ouvrage est particulièrement utile pour nous, Français. Cela pourrait constituer une réponse originale (et potentiellement victorieuse) au débat qui semble empoisonner la vie politique à droite depuis des années sur « le » clivage pertinent.

Comme on sait, le RN affirme que ce dernier est désormais le clivage mondialistes/patriotes, tandis qu’Éric Zemmour et une bonne partie de la « droite hors les murs » affirment que le clivage gauche/droite demeure d’actualité.

Inutile de préciser que ce débat n’est pas simplement byzantin puisqu’il détermine les alliances de second tour.

Pendant longtemps, le RN a rêvé de récupérer les voix de la gauche radicale au second tour – tandis que, pour ma part, j’ai toujours pensé que la seule alliance envisageable pour le RN serait avec la droite.

L’évolution de LFI a rendu ce point de vue évident, mais sans réelle évolution doctrinale.

Or, Rothbard et Milei proposent une autre façon de voir les choses. Milei a bâti sa campagne – avant même d’être candidat – comme une bataille culturelle et, aujourd’hui encore, il passe deux heures par jour sur les réseaux sociaux pour convaincre.

Et cette bataille culturelle a été pensée dans le cadre de l’alliance proposée par Rothbard entre libertariens et « paléo­conservateurs », comme une forme de « populisme de droite » opposant le peuple aux profiteurs du système.

Cette opposition est extrêmement puissante. Aujourd’hui, deux types de populations profitent du « système » qui asphyxie la France : la caste dominante et les assistés. Précisons que le mot « assistés » est très différent du mot « pauvres » : c’est l’un des éléments les plus remarquables du mileisme d’avoir montré que la liberté permettait bien mieux de lutter contre la pauvreté que la bureaucratie.

Une telle campagne « populiste » défendant les producteurs contre les parasites pourrait enfin réunir la droite classique et le RN – et en finir avec le socialisme qui tue la France. Saurons-nous suivre l’exemple de Milei ?

La révolution Milei

 

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Comments (2)

  • Thomas Taquin Répondre

    Je ne suis qu’un anonyme qui tombe sur votre blog un peu par hasard. Je me dis, génial, un catholique ! conservateur !

    Mais voilà, il y a cet article, qui témoigne d’une chose : il y a l’appel de Dieu, et il y a l’appel du ventre. De loin en loin, l’ouaille se voit happée, séduite, par cette chose sordide qu’on nomme libéralisme, comme si elle n’était pas dans les faits depuis toujours et surtout depuis 40 ans, prostitution devant les forces d’argent les plus antichrétiennes et antinationales.

    D’où ma question : comment peut-on se réjouir de l’Argentine actuelle et omettre la dénatalité dramatique qu’elle subit ?

    La telenovela de la vie politique, peut être accrocheuse, mais elle nous éloigne des métriques concrètes, anthropologiques : en Argentine et au Brésil, le taux de natalité s’est effondré à 1,1 ou 1,3 enfant par femme. Alors qu’il était bien supérieur à 2,1 il y a encore 15 ans. Seule une guerre devrait faire une telle chose.

    Ce sont surtout les défenses qui ont cédé :
    – sous Bergoglio, la pratique du catholicisme et même du christianisme en général a chuté dramatiquement dans son bastion latino-américain (comme d’ailleurs en Italie, Pologne, Irlande chez les jeunes), ce qui évidemment laisse la place vide à d’autres croyances… le gauchisme (wokisme, par exemple)… et le droitisme (libertarianisme, par exemple), qui sont anti-chrétiens par nature.
    – l’avortement est légal depuis 2021 en Argentine, et en parcourant la presse on voit que le “parti de la vie” est déjà trop minoritaire à Buenos Aires pour qu’on revienne dessus. Un politique argentin espérait revenir dessus, c’est Juan Grabois, un catholique qui mène l’opposition de la gauche péroniste. C’est lui qui a perdu les législatives en 2025. Les droitards français ont eu le sourire en l’apprenant. Preuve que (1) le droitard français est aussi idiot qu’un gauchiste (2) que le clivage gauche/droite est surtout destiné à frustrer et aveugler, et qu’il faut s’en tenir aux faits : il y a des gens qui, dans ce monde, volent, ourdissent, dupent, parasitent, aux dépends de tous les autres.

    Le problème du catholicisme, c’est qu’il se méfie trop de l’argent et de celui qui en a. Avec le miléisme, ce cadre vole en éclat. Enfin ! Fini l’État-nation.

    Buenos Aires est désormais comme tant d’autres capitales d’Occident, aux mains des sionistes ou des infanticides. C’est ça le nouveau choix “droite ou gauche”. Il est évident que tout ça est à foutre au feu.

    Ce Milei n’est pas un aliéné, c’est seulement quelqu’un qui partage tous les signes de la cocaïnomanie. Bien naïf est celui qui s’étonnera que l’Argentine décline. En politique, le fond et la forme, c’est la même chose. Combien des Péchés capitaux son mouvement n’approuve-t-il pas ? orgueil, avarice, luxure, colère, envie…

    Le continent est connu pour ses compradores, ses vendus. Voici l’archi-compradore, qui vend l’Argentine pour un peu de sa came, et qui l’assume.

    30 septembre 2026 à 22 h 55 min
  • quinctius cincinnatus Répondre

    Les Argentins, et surtout leurs ” élites “, ont beaucoup de points communs avec les Français *** :
    Ils ” GÂCHENT ” tout …
    Attendons donc un peu avant de faire l’ éloge idéologique de Milei …
    Car on NE CHANGE PAS UN PEUPLE
    *** par exemple ils sont les seuls avec les Français à ” croire ” encore mordicus en la psychanalyse !
    Q.C.

    2 juillet 2026 à 20 h 11 min

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