Du nouveau au Sénat
Avec le scrutin sénatorial du 27 septembre, la majorité de droite et du centre demeure solidement installée au Palais du Luxembourg, mais deux événements historiques viennent rompre la tranquillité apparente de la Haute assemblée : le Rassemblement national va disposer, pour la première fois, de son propre groupe ; et la France insoumise fait son entrée au Sénat.
Le RN, qui ne comptait jusqu’ici que trois sénateurs, a obtenu neuf nouveaux sièges. Avec l’arrivée de trois élus de l’UDR d’Éric Ciotti, il pourra donc constituer un groupe.
Le Sénat est le Parlement des territoires et des élus locaux. Que le RN y réussisse cette percée montre son implantation auprès des maires et des grands électeurs.
Par ailleurs, Gabriel Amard, élu dans le Rhône, devient le premier sénateur insoumis de l’histoire. LFI revendique également la victoire de Marc Péré en Haute-Garonne, élu sur une liste réunissant LFI et d’autres formations de gauche. Le symbole est considérable : LFI et RN disposent désormais d’une présence au sein de cette assemblée longtemps réputée plus modérée et plus territoriale.
Il serait toutefois absurde de voir dans ce double événement la disparition de l’ancien monde sénatorial.
C’est précisément l’inverse. La majorité LR-centriste demeure en place et Gérard Larcher devrait rester président du Sénat.
Le scrutin témoigne donc à la fois d’une remarquable continuité institutionnelle et d’une transformation du paysage.
On imagine déjà les futurs débats. Ils risquent d’être moins feutrés. Ce n’est peut-être pas nécessairement une mauvaise chose pour la démocratie parlementaire : une chambre qui représente les territoires doit aussi accepter d’entendre les nouvelles forces politiques qui s’y implantent. Mais cela impose à chacun une responsabilité particulière.
Aux nouveaux venus de démontrer qu’ils savent travailler dans une institution où la négociation, la connaissance des dossiers et le respect du temps long comptent davantage que les formules de meeting.
Car le Sénat n’est pas l’Assemblée nationale. Il est précisément cette maison où les grandes passions nationales doivent se confronter à la réalité concrète des collectivités.
Après les sénatoriales de 2026, le vieux Palais du Luxembourg n’est donc pas renversé. Il ressemble simplement davantage à la France politique nouvelle.
Et, à quelques mois de la présidentielle, ce n’est certainement pas le moindre des enseignements de ce scrutin.
Laisser un commentaire