IA, énergie et liberté

IA, énergie et liberté

L’intelligence artificielle et l’énergie seront sans doute les deux moteurs décisifs des économies modernes. Mais encore faut-il que ces progrès servent la liberté, la production et le pouvoir d’achat, au lieu d’alimenter toujours plus de contraintes, de dettes et de bureaucratie.

L’Europe, et la France en particulier, semblent s’engager dans une voie dangereuse : celle du tout électrique imposé d’en haut, au nom d’une écologie de façade. Or une économie ne repose pas sur des slogans, mais sur des réalités physiques. L’énergie reste le socle de toute activité humaine : se déplacer, produire, chauffer, transporter, construire… Quand son coût explose, ce sont les entreprises, les artisans, le TPE et, au final, les ménages qui paient la facture.

Les chiffres sont clairs : en 2022, la consommation mondiale d’énergie primaire atteignait 172 821 TWh, soit une hausse de 71 % depuis 1990. Et, malgré tous les discours, les énergies fossiles représentaient encore 81 % du bouquet énergétique mondial. Voilà la réalité que les idéologues voudraient ignorer. Croire qu’on pourra remplacer cette base par des solutions intermittentes, coûteuses et fragiles, relève de la pensée magique. L’électricité elle-même dépend d’infrastructures lourdes, d’investissements considérables et d’un réseau solide. Quant aux éoliennes, aux panneaux solaires et à la voiture électrique, ils sont souvent présentés comme des solutions miracles alors qu’ils posent de graves questions de coût, de durabilité, de dépendance industrielle et d’impact environnemental global. Multiplier les équipements ne crée pas de la richesse ; cela peut aussi multiplier les contraintes, les déchets et les besoins de subvention.

Il faut aussi remettre les choses à leur place sur le plan idéologique. Le carbone n’est pas un poison : il est au contraire indissociable de la vie animale, végétale, et humaine. La terre a toujours connu des variations climatiques. Le véritable enjeu n’est pas de répéter des certitudes militantes, mais d’assurer une adaptation intelligente, réaliste et soutenable.

C’est dans ce cadre que l’IA peut devenir un formidable outil d’efficacité d’innovation et de progrès. À condition de ne pas être étouffée par l’obsession réglementaire et fiscale.

L’IA peut améliorer la productivité et compenser en partie le vieillissement de la population active. Encore faut-il que les gains de productivité profitent à ceux qui créent la richesse. C’est pourquoi la question du revenu de base mérite d’être posée sans tabou. Les salaires du privé sont payés par les entreprises ; l’État ne crée pas de richesse, il la prélève. S’il veut améliorer réellement le niveau de vie, il doit cesser de ponctionner toujours davantage et inventer des mécanismes plus justes, moins arbitraires que le RSA, pour soutenir l’activité et la dignité des citoyens.

Enfin, il est absurde que la fiscalité énergétique serve trop souvent à financer une machine publique devenue pléthorique, coûteuse et parfois contre-productive.

L’avenir ne sera pas celui des incantations, mais celui du réalisme. L’IA, l’énergie et la liberté économique doivent être pensées ensemble. C’est à cette condition seulement que le progrès servira vraiment les peuples, au lieu de les appauvrir.

François Schouller

 

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