La France et les femmes

La France et les femmes

Le 5 septembre dernier, une centaine de membres du mouvement hindou BAPS visitaient en privé la Tour Eiffel. Mais après avoir demandé de limiter les interactions avec les femmes. Or, plutôt que de répondre simplement que la Tour Eiffel n’organisait pas ses services selon le sexe de ses salariés, la direction a « invité » les employées à quitter leur poste, certaines ont été remplacées par des hommes et d’autres priées de ne pas circuler dans certaines zones.

Sans surprise, le résultat ne s’est pas fait attendre : le personnel, choqué, s’est mis en grève. La Tour Eiffel a fermé ses portes. Et la direction elle-même a reconnu que de telles conditions n’auraient pas dû être acceptées.

Il ne s’agit pas ici de faire le procès de l’hindouisme ni de quelque culture que soit.

Le problème est qu’une institution française ait accepté d’adapter le traitement de ses salariées à une exigence étrangère à notre propre culture. C’est d’ailleurs d’autant plus ironique, ici, que la Tour Eiffel a été bâtie en 1889 pour célébrer l’émancipation, les Lumières et la Révolution !

À quoi sert de chanter sur tous les tons la liberté, l’égalité et la fraternité, si elles deviennent négociables à la première occasion ?

On nous explique depuis des années que la République doit être « inclusive », qu’il faut respecter toutes les cultures, toutes les sensibilités, toutes les croyances. Admettons. Mais le respect n’est pas la capitulation. La liberté religieuse permet à chacun de pratiquer sa religion ; elle ne donne à personne le droit d’imposer ses propres règles aux autres.

Paradoxalement, au nom de la tolérance, on en arrive à demander à des femmes françaises de s’effacer du paysage.

Il faut saluer, à cet égard, la réaction des salariés de la Tour Eiffel. Leur colère rappelle une vérité élémentaire : l’égalité entre les hommes et les femmes n’est pas une décoration que l’on sort les jours de discours solennels.

C’est une règle concrète profondément ancrée dans nos mœurs et nos lois. Elle vaut dans les bureaux, dans les administrations, dans les entreprises et jusque dans les lieux de mémoire de notre pays.

En évoquant nos mœurs, je voudrais rappeler que l’égalité de dignité entre les sexes ne relève pas seulement du droit contemporain mais aussi – et même d’abord ! – de notre culture : la France, bien avant la République, avait développé une culture de la galanterie et l’on ne peut pas être français sans cette relation originale au beau sexe. Ce qui n’est pas le moindre des problèmes que nous pose l’islamisation de la France…

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