Enfin un boycott de la gauche culturelle ?
Le festival de Cannes nous a offert une nouvelle mise en scène de la gauche caviar qui règne sur ce que l’on appelle encore par dérision la « culture française ».
Un obscur collectif intitulé « Zapper Bolloré » dénonce en effet la « mainmise » du « milliardaire d’extrême droite » sur le cinéma français.
Il est évidemment idiot de prétendre que Vincent Bolloré soit d’extrême droite. Ou alors il faut admettre que des millions de Français le sont tout autant, sinon plus. Mais l’accusation ne veut plus rien dire (si tant est qu’elle ait jamais eu le moindre sens !) quand elle concerne tant de monde.
Il est plus idiot encore de parler de mainmise de Bolloré sur le cinéma français.
Le déclencheur de cette bizarre théorie complotiste est que Vincent Bolloré pourrait acquérir 100 % du capital d’UGC d’ici 2028.
Mais, d’une part, cela n’est pas fait. Et, d’autre part, UGC n’est pas le seul réseau de salles de cinéma (il n’est que le troisième réseau, derrière Pathé et CGR, et l’ensemble des 5 premiers réseaux représente moins de 40 % des écrans).
D’ailleurs, même si UGC représentait davantage d’écrans, pourquoi supposer que Vincent Bolloré se priverait de recettes en refusant de diffuser des films qui lui déplairaient pour des raisons idéologiques ?
Cependant, nos courageux « résistants » accusent le milliardaire breton de détenir des actifs sur l’ensemble de la chaîne de valeur du cinéma (de la production à la diffusion sur petit et sur grand écran).
Soit. Mais il n’est ni le premier, ni le seul à avoir cette stratégie – qui semble assez naturelle.
En réalité, ce qui est reproché à Vincent Bolloré, c’est de ne pas être de gauche et de s’aventurer dans le champ culturel, supposé être une chasse gardée de la gauche.
Pourtant, précisément, cela devrait être une garantie du pluralisme : on voit mal comment celui-ci pourrait être mieux garanti par une caste politiquement monochrome que par l’éventuel affrontement entre diverses tendances.
La gauche totalitaire semble craindre que la droite ne lui applique ses propres méthodes.
Toutefois, outre que la droite n’en a guère les moyens (Canal+ ne dispose tout de même pas, que je sache, de l’intégralité des parts d’audience, sans même parler du fait que le groupe n’est pas unanimement « de droite » !), elle n’a pas non plus le goût de la gauche pour la censure de tout ce qui n’est pas elle.
Cependant, le plus intéressant est venu ensuite. Maxime Saada, directeur général du groupe Canal+, a réagi en disant que ce collectif « Zapper Bolloré » insultait ses équipes, ajoutant : « Si certains en viennent à qualifier Canal+ de “crypto-fasciste”, alors je ne peux pas accepter de collaborer avec eux. La limite est là. Il n’est pas acceptable qu’il n’y ait pas de considération pour le travail de nos équipes. »
Par là, l’homme d’affaires laissait entendre qu’il pourrait désormais refuser que son groupe finance les membres du collectif. Or, Canal+ est l’un des principaux soutiens financiers du cinéma français.
Si la menace est suivie d’effet, il serait possible que les éternels donneurs de leçons tombent de leur piédestal. Jusqu’à présent, en effet, ils pouvaient impunément mordre la main qui les nourrissait. Désormais, ils pourraient avoir à payer le prix de leur attitude faussement « résistante ».
Inutile d’ajouter que le cinéma français se porterait mieux si les films pontifiants cessaient ainsi d’être financés. Vincent Bolloré aurait alors gagné une manche importante dans la bataille culturelle !
Laisser un commentaire