L’extrême gauche contre l’héritage

L’extrême gauche contre l’héritage

La tactique de La France Insoumise pour la prochaine campagne présidentielle est claire : saturer l’espace médiatique pour être, en permanence, au centre du débat et forcer les adversaires comme les alliés à se positionner par rapport aux propositions de Jean-Luc Mélenchon.

On serait donc tenté de hausser les épaules et passer son chemin quand on croise (ce qui arrive fréquemment !) tel propos inepte ou telle proposition mal ficelée.

Malheureusement, il n’est pas possible de laisser ces discours provocateurs sans réponse – faute de quoi ils s’imposeront dans l’esprit public, ne serait-ce que parce que tout le reste de la gauche court derrière le tribun trotskiste.

Pendant que ce dernier était fort aimable devant le Medef, ses lieutenants continuent à entretenir une « chasse au riche » particulièrement inquiétante.

L’eurodéputée Manon Aubry parle ainsi d’éliminer des milliardaires, supposés nuisibles, laissant l’auditeur décider lui-même si c’est seulement une façon de parler ou si les intéressés sont bel et bien promis à la balle dans la nuque qui fit les « belles heures » du bolchevisme.

Là-dessus, Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée a renchéri en « proposant » de taxer à 100 % tous les héritages au-delà de 12 millions d’euros.

Au passage, on note que les dirigeants de LFI ignorent à peu près tout des réalités économiques puisque Mathilde Panot précise : « La plupart des riches n’ont pas mérité d’être milliardaires, ils ont eu juste le mérite d’être bien nés avec une cuillère d’argent (dans la bouche) et ce sont en immense majorité des super héritiers. »

Si elle veut dire par là que la plupart des milliardaires ont hérité de leurs parents, c’est assez largement vrai. Mais la grande majorité des milliardaires ont considérablement valorisé ce qu’ils avaient reçu. Bernard Arnault a succédé à son père à la tête d’une PME mais, aujourd’hui, LVMH n’est pas exactement une PME !

On peut bien sûr déplorer la concentration des richesses. Mais il ne faut pas occulter la mobilité de ces richesses : les fortunes se détruisent aussi.

D’ailleurs, les milliards que l’on agite ainsi sous les yeux du public sont très largement virtuels puisque ces entreprises peuvent fort bien s’écrouler.

La production de valeur résulte de la rencontre entre un capital et un travail : vous pouvez vous tuer au travail, si vous n’avez pas de champ, vous ne produirez pas de blé ; et, à l’inverse, vous pouvez posséder une terre, sans travail, elle ne vous nourrira pas ! Cela devrait être élémentaire. Manifestement pas pour ces génies.

Mais le pire est que, faute de réponse argumentée, toute la gauche et même une bonne partie de la droite en viennent à considérer, avec cette extrême gauche haineuse, que l’héritage est, par nature, mauvais.

Or, nous sommes tous des héritiers. Sans doute pas au niveau de Bernard Arnault (ni en montant d’héritage, ni surtout en capacité à valoriser cet héritage) mais si, par nature, l’héritage est mauvais, cela vaut aussi logiquement pour l’héritage culturel. Il est vrai qu’en ce domaine, la gauche est (hélas !) cohérente puisqu’elle veut également priver les jeunes générations de leur héritage culturel.

Pour ma part, je considère qu’un héritage (qu’il soit financier ou culturel) est un bienfait, que nous avons un droit naturel à transmettre à nos descendants, et qui ne devient mauvais que si l’héritier n’en déduit aucune forme de responsabilité. Mais, alors, on peut tenir pour assuré qu’il détruira lui-même cet héritage et qu’il n’est nul besoin de le spolier légalement pour cela !

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