Incendies et destruction des talus
Des incendies gigantesques ont ravagé plusieurs régions de France au mois de juillet. Selon les « experts », toutes les conditions étaient réunies pour que ce drame se produise.
Ils les appellent les « Trois Trente » :
– Température supérieure à 30 degrés,
– Vitesse du vent supérieure à 30 km/h,
– Hygrométrie de la végétation inférieure à 30.
Dans l’état actuel de nos connaissances, nous sommes dans l’incapacité de maîtriser la température et la vitesse du vent. En revanche, nous pouvons agir pour maintenir toute l’année une hygrométrie élevée des sols et de la végétation, qui empêcherait les départs d’incendies, ou les ralentirait s’ils se déclenchent.
Le moyen est simple ; j’en ai longuement parlé dans les « 4 Vérités » (n° 1433 du 23 février 2024 et n° 1508 du 22 août 2025) : les talus.
Les talus sont le SEUL moyen efficace pour réguler l’écoulement des eaux de pluie et neige.
Ils maintiennent l’eau et la terre arable dans les champs. Ils empêchent donc la désertification des sols, et conservent la terre arable et la végétation humide toute l’année.
Ils sont LA solution pour prévenir ou modérer les inondations et les incendies.
Avant le XXe siècle, plusieurs générations de nos ancêtres ont bâti sur le territoire de France plus de 700 000 km de talus, avec seulement des pioches et des pelles. Ils ne l’ont pas fait pour le plaisir de se « tuer » à la tâche, mais pour maîtriser les caprices, parfois violents, de la nature.
Dans les années 1950 et 1960, des idéologues « fous » ont mis en place une politique agricole insensée, visant à une production et un élevage intensifs.
Ils n’ont pas pensé un seul instant que l’agriculture française ne pourrait pas très longtemps concurrencer l’Ukraine, la Chine ou le Brésil.
Pour produire intensivement, ils ont fait abattre plus de 700 000 km de talus sur le territoire de France.
Ce fut un massacre écologique sans précédent :
– Plusieurs dizaines ou centaines de milliards de petits animaux qui trouvaient refuge dans cet extraordinaire écosystème des talus, ont été sacrifiés ;
– Les eaux de pluie n’étant plus retenues, ont emporté la terre arable, et provoqué des crues et inondations dévastatrices ;
– Les sols se sont érodés ;
– Les nappes phréatiques se sont asséchées ;
– Puis les sols et la végétation se sont desséchés, préparant les conditions favorables à des incendies destructeurs.
Le bilan annuel du cycle de l’eau en France fait apparaître que :
– 500 milliards de m3 d’eau sont apportés par la pluie et la neige ;
– Plus de 300 milliards de m3 d’eau s’évaporent ;
– Plus de 170 milliards de m3 d’eau s’écoulent vers la mer.
À l’évidence, la priorité est donc de tout faire pour maintenir dans les champs la plus grande part possible de ces 170 milliards de m3 d’eau.
Et le seul moyen d’y parvenir, c’est de rebâtir des talus, intelligemment, en privilégiant les talus perpendiculaires à la pente des champs.
En quelques années, les talus régleront tous les problèmes : la terre arable, l’eau, les inondations, les incendies…
Dr Luc Siohan
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