Un climat d’émeutes

Un climat d’émeutes

Les images des émeutes du 17 octobre, ces villes li­vrées aux violences, ces lieux publics saccagés et ces forces de l’ordre prises pour cibles, révèlent la fragilité d’un État qui semble ne plus parvenir à imposer ses propres règles.

Car enfin, que signifie l’autorité publique si des bandes peuvent détruire, piller et intimider sans craindre une réponse à la hauteur de leurs actes ? Que signifie l’égalité devant la loi si les honnêtes gens ont le sentiment d’être abandonnés, tandis que les casseurs dictent leur loi ?

Il serait commode de parler d’excès regrettables ou d’une jeunesse égarée. Mais ces euphémismes ne trompent plus grand monde. Quand la violence devient un moyen d’action politique, quand des groupes organisés exploitent chaque occasion de mettre le pays à feu et à sang, nous ne sommes plus dans la simple contestation. Nous sommes face à une remise en cause de l’ordre commun.

La responsabilité des « responsables » politiques est ici immense. À force de confondre fermeté et autoritarisme, de redouter davantage les accusations de répression que les souffrances des victimes, le pouvoir nourrit l’idée désastreuse que la violence paie. Une démocratie ne saurait pourtant survivre si elle se montre impuissante face à ceux qui la défient.

Certains discours (de LFI en particulier) exaltent la confrontation et opposent artificiellement le peuple aux institutions ? La convergence des colères peut devenir un puissant instrument de déstabilisation – d’autant qu’elle sert également l’agenda de l’islam radical. Il appartient à la justice d’établir les responsabilités individuelles ; il appartient aussi aux citoyens de demander des comptes à ceux qui attisent les tensions.

Protéger les personnes et les biens, soutenir les policiers et les gendarmes, poursuivre les auteurs de violences et exécuter les décisions de justice ne sont pas des options idéologiques. Ce sont les missions élémentaires de l’État – qui, si elles ne sont pas remplies, justifient l’auto-défense des citoyens.

Au fond, le drame de ces émeutes n’est pas seulement celui des vitrines brisées ou des édifices incendiés. C’est celui de la confiance et du lien social qui se consument. Une nation ne tient pas longtemps lorsque ses habitants doutent de la capacité de leurs dirigeants à les protéger – et que le lien civique se dissout dans l’individualisme et la brutalité des bandes armées.

Le 17 octobre doit servir d’avertissement. Ou l’État retrouve le sens de ses devoirs, ou il laissera s’installer une loi concurrente : la loi du plus fort. Et ce jour-là, ce n’est pas seulement le gouvernement qui aura échoué. C’est la France elle-même qui sera près de disparaître.

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